VII L’allumage à la synagogue

VII L’allumage à la synagogue

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VII L’allumage à la synagogue

 

Habitude d’allumer à la synagogue et raisons de cette habitude

 

1) [2-ז-א] Nous avons l’habitude d’allumer les lumières de Hanoukka à la synagogue avec bénédictions. Cette habitude a été prise car il y avait à leur époque une oppression des nations sur les juifs et il était impossible de diffuser le miracle en allumant à la porte de la maison à l’extérieur de la maison, en conséquence l’habitude a été prise d’allumer à la synagogue car il s’y trouve de nombreuses personnes ce qui permet de diffuser le miracle.

 

Cette Taquana (décret rabbinique) est restée en vigueur y compris à notre époque. Certains disent que la raison de cette habitude est de rendre quitte de la Miçwah celui qui ne saurait pas l’accomplir chez lui ou bien pour rendre quitte les personnes de passage qui n’ont pas de maison où dormir.

 

Les sages ont instauré d’allumer à la synagogue et pas ailleurs, car c’est un endroit qui a une sainteté (un petit Beth Hammiqdash) ce qui donne un souvenir au miracle qui eut lieu dans le Beth Hammiqdash (Temple de Jérusalem) et également parce que nombre de personnes se trouvent à la synagogue ce qui permet de diffuser ainsi le miracle [à un grand nombre]

 

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2) [2-ז-ב] Certains disent que comme la Miçwah de l’allumage des lumières de Hanoukka concerne un homme et sa maisonnée (sa famille et en particulier son épouse) et que la synagogue n’est pas considérée comme sa maison, alors une personne ne peut pas être quitte de son obligation d’allumer par l’allumage fait à la synagogue et c’est ainsi qu’il faut procéder [c’est à dire se rendre quitte à la maison]. 

 

3) [2-ז-ג] A la lumière de ce qui a été dit précédemment, les décisionnaires ont écrit que même celui qui a allumé les lumières de ‘Hanoukka à la synagogue et a fait les bénédictions, doit rallumer les lumières de ‘Hanoukka chez lui en redisant toutes les bénédictions.

 

Malgré tout, celui qui habite seul, comme un jeune homme célibataire qui habite seul, et qui ne dépend pas de la table de ses parents, ou un cas équivalent, s’il allume les lumières de ‘Hanoukka à la synagogue et refait l’allumage chez lui, il ne devra faire que la première bénédiction « Léhadliq Ner Hanoukka » mais il ne recommencera pas « Shéâssa Nissim » (la seconde bénédiction) et le premier soir il ne recommence pas la bénédiction « Shéhé’héyanou ».

 

C’est seulement dans le cas où d’autres personnes vivent avec lui qu’il a le droit de refaire toutes les bénédictions chez lui pour rendre quitte les autres habitants de la maison. (La raison pour laquelle quelqu’un qui habite seul ne fait que la première bénédiction est que certains décisionnaires pensent que les bénédictions « shéâssa nissim » et « Shéhé’héyanou » ne sont pas liées exclusivement à l’allumage mais ce sont des bénédictions liées à la fête elle même et que les Sages les ont associées à l’allumage [a priori] [et il en est donc quitte par l’allumage fait à la synagogue].

 

Il y a lieu de tenir compte de cet avis pour dire que comme cette personne a déjà fait ces bénédictions [« shéâssa nissim » et « Shéhé’héyanou »] il n’a pas à les recommencer et nous avons un grand principe, en cas de doute sur une bénédiction, on s’abstient).

 

 

A quel moment allume-t-on à la synagogue ?

4) [2-ז-ד] On a l’habitude d’allumer les lumières de Hanoukka à la synagogue entre la prière de Min’ha et celle de Ârvith [entre la prière de l’après-midi et celle du soir] [au moment du coucher du soleil ‘Hazon Ovadia page סט §ב]. Même ceux qui ont l’habitude de faire Ârvith avant la sortie des étoiles, malgré tout, allumeront les lumières de Hanoukka à la synagogue avant la prière de Ârvith. La raison en est qu’après la prière de Ârvith tout un chacun rentre chez soi afin d’allumer les lumières de Hanoukka et s’ils allumaient après la prière de Ârvith, il n’y aurait ainsi plus tellement de diffusion du miracle puisque l’assemblée ne resterait pas à la synagogue [voir la traduction du paragraphe correspondant du ‘Hazon Ovadia en fin de chapitre].

 

5) [2-ז-ה] Le vendredi soir de Hanoukka, lorsqu’on prie Min’ha à un moment proche du coucher du soleil, on a l’habitude d’allumer les lumières de Hanoukka avant Min’ha (si possible, il est préférable de prier Min’ha, le vendredi de ‘Hanoukka, alors qu’il fait grand jour et d’allumer après avoir prié Min’ha, comme on le verra au chapitre VIII).

 

 Dans tous les cas, il faudra veiller à ne pas retarder l’allumage des lumières de ‘Hanoukka le vendredi soir ; lorsqu’on allumera les lumières on ne les allumera pas plus tard qu’un quart d’heure avant la Shéquiâh (si le public n’est pas encore arrivé à la synagogue, voir §7 du présent Chapitre ; en ce qui concerne l’allumage à la sortie de Shabbath voir Chapitre VIII).

 

7) [2-ז-ו] Certains ont l’habitude d’allumer les lumières de Hanoukka également pendant la prière du matin (Sha’harith) en particulier lorsqu’ils commencent la prière tôt avant qu’il ne fasse jour ; cependant il ne faudra pas faire de bénédiction même si on ne voit pas encore la lumière du jour. 

 

L’allumage à la synagogue nécessite 10 personnes pour faire la bénédiction

8) [2-ז-ח] On ne fait la bénédiction sur l’allumage des lumières de Hanoukka, à la synagogue, qu’en présence d’au moins dix hommes car, dans ces conditions, il y a diffusion du miracle comme il faut. Par contre s’il n’y a pas dix personnes, même si plus tard il y aura dix personnes, on ne fait pas de bénédiction sur l’allumage. En conséquence, le vendredi « soir » pendant Hanoukka (dans ces conditions on a l’habitude dans la majorités des communautés d’allumer à la synagogue avant la prière de Min’ha), si la communauté voit que le coucher du soleil arrive et qu’il n’y a pas dix personnes à la synagogue, bien que plus tard il y aura dix personnes à la synagogue, la communauté allumera sans bénédictions.   

 

8) [2-ז-ח] S’il n’a dix personnes présentes à la synagogue qu’en additionnant les hommes et les femmes présentes dans la partie réservée aux femmes ou en additionnant un enfant qui n’a pas atteint l’âge des Miçwoth (13 ans pour un garçon) et il n’y aura dix hommes à la synagogue que plus tard, il est possible d’être souple et d’allumer les lumières de Hanoukka avec bénédiction.

 

En particulier on procède ainsi le vendredi « soir » (avant Shabbath) où il y a lieu de craindre que si la communauté attend, ils devront annuler complètement la Miçwah d’allumer les lumières de Hanoukka à la synagogue car l’heure d’entrée du Shabbath sera dépassée.

 

Dans le cas où il n’y a dix personnes à la synagogue qu’en additionnant un enfant qui n’a pas atteint l’âge des Miçwoth (garçon de moins de 13ans) il est bon de donner à un enfant l’allumage des lumières de Hanoukka avec bénédiction.

 

 

Où allume-t-on les lumières de Hanoukka à la synagogue ?

 

9) [2-ז-ט] On a l’habitude de mettre les lumières de Hanoukka, à la synagogue, à la droite du tabernacle (Hékhal), au mur dirigé vers le sud, en souvenir de la Ménorah [candélabre] du Beth Hammiqdash (temple de Jérusalem) qui était située au sud du tabernacle (Hékhal). On pose les lumières, à la synagogue, à en endroit en hauteur afin de mieux diffuser le miracle.

 

Certains ont l’habitude de poser les lumières de ‘Hanoukka, à la synagogue, entre l’est et l’ouest (c’est à dire qu’ils les posent au mur sud ; la ligne formée par les lumières est dirigée est-ouest). D’autres ont l’habitude que la droite formée par les lumières soit dirigée nord-sud et telle est l’habitude à Jérusalem. Chacun fera selon son habitude.

 

10) [2-ז-י] Il est bon d’être strict et ne pas allumer les lumières de Hanoukka à un endroit donné puis de déplacer ces lumières à un autre endroit ; il faudra dès le début poser les lumières à l’endroit voulu et les allumer à l’endroit où elles sont posées et où elles resteront posées.  

 

Quantité d’huile et durée d’allumage des lumières de Hanoukka à la synagogue.

 

11) [2-ז-יא] Certains disent que pour l’allumage à la synagogue il n’est pas nécessaire de mettre suffisamment d’huile pour que les lumières restent allumées pendant une demi-heure et qu’il suffit que les lumières restent allumées le temps de la prière de Ârvith, tant que la communauté est présente à la synagogue. De même, certains décisionnaires pensent qu’il n’est pas nécessaire de laisser les lumières allumées à la synagogue après que la communauté ait quitté la synagogue après Arvith lorsque chacun retourne chez soi pour allumer. 

 

En ce qui concerne la halakha (tranchée) il est bon d’être strict et de mettre suffisamment d’huile pour que même les lumières de Hanoukka de la synagogue restent allumées (au moins) une demi-heure. De même il est bon d’être strict et ne pas éteindre, si possible, les lumières de Hanoukka allumées à la synagogue tant que la demi-heure à partir de la sortie des étoiles ne s’est pas écoulée

 

 

Allumage des lumières de Hanoukka, à la synagogue, avec des lumières électriques

12) [2-ז-יב] Nous avons déjà vu plus haut (chapitre V §5) qu’on n’est pas quitte de notre obligation en allumant les lumières de Hanoukka avec des lumières électriques. Les décisionnaires (A’haronim) ont écrit que, même à la synagogue, il est nécessaire d’allumer avec de l’huile ou des bougies et pas avec des lumières électriques. Si on ne dispose que de lumières électriques alors on allumera mais sans bénédiction

 

Utiliser les lumières de Hanoukka de la synagogue

13) [2-ז-יג] De même qu’il n’est pas permis de faire une quelconque occupation en utilisant les lumières de Hanoukka (de tirer profit des lumières) chez soi, il est interdit de faire une quelconque occupation en utilisant les lumières de Hanoukka à la synagogue et ce tant qu’il ne s’est pas passé une demi-heure depuis l’allumage de ces lumières. En conséquence on a l’habitude d’allumer un Shamash disposé à coté des lumières de Hanoukka à la synagogue (comme à la maison). 

 

Bénédiction sur la vision des lumières de la synagogue

14) [2-ז-יד] Celui qui n’a pas allumé les lumières de Hanoukka et qui ne les allumera pas ultérieurement cette nuit-là et pour lequel personne n’allume chez lui est dans la situation de devoir faire la bénédiction sur la vision des lumières de ‘Hanoukka allumées par un prochain. C’est à dire qu’il doit faire la bénédiction « Shéâssa nissim » et le premier soir également « Shéhé’héyanou » (comme vu au chapitre 6, §17 à §24) peut faire cette bénédiction sur la vision des lumières allumées à la synagogue, tant que les lumières ont été allumées depuis moins d’une demi-heure car ces lumières sont également des lumières de Miçwah (par contre il ne pourra pas faire la bénédiction sur la vision sur des lumières électriques allumées à la synagogue). 

 

 

Allumage des lumières de Hanoukka, à la synagogue, par une personne en deuil.

 

15) [2-ז-טו] Une personne en deuil, dans les douze mois après le décès du père ou de la mère, ou dans les trente jours après le décès d’un des autres proches (que sont le fils, la fille, le frère, la sœur, le conjoint) n’allumera pas à la synagogue le premier soir de Hanoukka à cause de la bénédiction Shéhé’héyanou (qui exprime la joie). Ceci est vrai à plus forte raison pendant les sept premiers jours de deuil, il ne faudra pas que cette personne allume les lumières de Hanoukka, à la synagogue, le premier jour.

 

Par contre, chez lui, cette personne en deuil a l’obligation d’allumer les lumières de Hanoukka et faire toutes les bénédictions, y compris Shéhé’héyanou et ce même pendant les sept premiers jours de deuil.

 

De même, une personne en deuil peut allumer les lumières de Hanoukka à la synagogue les autres jours de Hanoukka (hormis le premier jour) car on n’y fait pas la bénédiction de Shéhé’héyanou.

 

 

Allumage des lumières de Hanoukka à l’occasion de fêtes (rassemblement), de mariages …

16) [2-ז-טז] Certains ont l’habitude d’allumer les lumières de Hanoukka y compris à l’occasion de fêtes (rassemblement) comme une fête en l’honneur de Hanoukka ou un mariage ou une Bar Miçwah ou autre, et même s’ils ne se trouvent pas dans une synagogue car un grand nombre de personnes s’y trouvent et il y a ainsi diffusion du miracle comme à la Synagogue. Cependant on ne fera pas de bénédiction sur cet allumage.Si ces personnes font la prière du soir (Ârvith) après l’allumage alors ils ont le droit de faire la bénédiction sur l’allumage des lumières de Hanoukka (comme à la synagogue). 

 

 

17) [2-ז-יז] Certains ont l’habitude qu’après qu’un membre de la communauté ait fait les bénédictions sur l’allumage des lumières de Hanoukka à la synagogue puis ait allumé une des lumières, qu’on fasse honneur d’allumer les autres lumières (d’embellissement) à d’autres personnes qui se trouvent à la synagogue et que chacun allume une lumière. Ceux qui procèdent ainsi ont des décisionnaires sur qui s’appuyer.

 

 

Compléments issus du livre ‘Hazon Ôvadia – ‘Hanoukka

 

[1-page סט] A la synagogue, nous allumons les lumières de ‘Hanoukka, entre la prière de Min’ha et celle de Arvith, au moment du coucher du soleil. Bien que le moment de l’allumage des lumières de ‘Hanoukka pour tout un chacun, chez soi, est au moment de la sortie des étoiles, malgré tout, comme il est impossible d’empêcher l’assemblée de sortir de la synagogue immédiatement après la prière de Arvith, en conséquence nous allumons au moment du coucher du soleil, entre la prière de Min’ha et celle de Arvith, afin que pendant toute la prière de Arvith l’assemblée voit les lumières de ‘Hanoukka et qu’il y ait ainsi la propagation du miracle. 

 

[1-page מז §יא] Au Kottel / mur Occidental (improprement appelé « mur des lamentations ») l’habitude répandue est de faire la bénédiction et d’allumer les lumières de Hanoukka entre Min’ha et Arvith et il y a dans cet acte une diffusion du miracle (et tel l’a écrit dans le livre Az Nidbérou T6 page 137, et rivévoth efraym T4 page 116 §63).

 

[1-page מז §יב] L’habitude est que lors de fêtes qui ont lieu dans des salles pendant les soirs de Hanoukka, et pendant lesquelles on écoute des paroles de Torah pour rapprocher les juifs de leur Créateur, d’allumer les lumières de Hanoukka avec bénédiction en disant le nom de D.ieu et en énonçant Sa royauté, du fait de la diffusion [propagation] du miracle, ils ont des décisionnaires sur qui s’appuyer. 

 

[1-page מז §יג] La Hanoukkiah de la synagogue est posée sur une table à la droite du tabernacle [dans lequel nous mettons les Sifré Torah] c’est-à-dire du côté sud de la synagogue [le tabernacle étant à l’est, la droite est ainsi au sud], car le candélabre qu’il y avait dans le Temple de Jérusalem était au sud, comme nous l’apprenons dans le Talmoud Bava Vatra (25b) : la table de proposition était au nord et le candélabre au sud. Certains disposent la Hanoukkiah entre l’est et l’ouest tandis que d’autres la disposent entre le nord et le sud ; chacun fera selon l’usage local. 

 

[1-page מט §יד] Nous avons l’habitude que ce soit l’officiant ou le Rav de la synagogue qui allume à la synagogue les lumières de Hanoukka, certains ont l’habitude que ce soit le Shamash (« bedeau ») qui allume. Malgré tout il est bon de ne pas donner à un enfant à allumer à la synagogue afin de procéder à la diffusion du miracle avec tout l’honneur qui convient.[En bas de la seconde colonne de la page נא] Cependant, a posteriori, si un enfant a allumé c’est bien quand même. Cela vient repousser ce qui a été écrit dans le livre « Yashiv Moshé » du Rav Tourtski au nom du Rav Eliashiv זצל que si un enfant allume à la synagogue nous avons l’obligation d’éteindre et de rallumer avec bénédiction, c’est erroné. Car dans un tel cas, il n’y a qu’un doute, et nous tenons évidemment qu’en cas de doute sur une bénédiction on s’abstient de la faire. 

 

[1-page נב §טו] S’il n’y a pas dix (10) « hommes » à la synagogue, on ne fait pas la bénédiction lors de l’allumage des lumières de Hanoukka car la diffusion du miracle ne peut se faire s’il y a moins de dix. S’il est connu que par la suite d’autres « hommes » vont venir et complèteront le Minyane (10 personnes) et qu’ils verront les lumières de Hanoukka allumées, alors l’officiant aura le droit d’allumer avec bénédiction. Les femmes et les enfants qui sont arrivés en âge d’éducation (7 ans et plus) s’associent au décompte des dix personnes.

 

[1-page נג seconde colonne] [résumé] S’il y a dix hommes à la synagogue, mais que trois ou quatre d’entre eux ont déjà prié dans une autre synagogue et ont entendu les bénédictions sur l’allumage des lumières de Hanoukka, il me semble (dit MARAN Harav Ovadia Yossef זצוק״ל dans sa grande modestie) que du fait qu’il s’agit de diffuser le miracle ces personnes s’associent au Minyane et on allumera avec bénédictions.