IX Usages pendant ‘Hanoukka

IX Usages pendant ‘Hanoukka

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IX Usages pendant ‘Hanoukka

 

Interdiction d’oraison funèbre et de jeûne

1) [2-ט-א] Du fait que nos Maîtres de mémoire bénie ont instauré que les huit jours de ‘Hanoukka sont des jours de joie et de louanges (envers l’Eternel), en conséquence il est interdit de faire une oraison funèbre si ne n’est pour un Talmid ‘Hakham (sage dans la Torah) au moment de l’accompagnement vers sa « dernière demeure ».

 

Cependant, il est permis de faire une cérémonie de souvenir pour les « Sept jours » ou pour les « trente jours » ou pour le jour anniversaire du décès. On s’abstiendra de rappeler le souvenir et les bonnes actions du défunt (ce qui entraîne de la tristesse) même s’il s’agit d’un Talmid ‘Hakham. On y dira des paroles de réveil de l’individu (pour se ressaisir et évoluer dans les voies de la Torah) et de repentance ceci pour le souvenir et l’élévation de l’âme du défunt.

 

 

2) [2-ט-ב] Dans le Minhagh des Séfaradim et des juifs orientaux, on dit « Tsidouq Haddin » צדוק הדין  (qui est la prière récitée pendant l’enterrement) pendant ‘Hanoukka ; par contre les Ashkénazim ont l’habitude de ne pas le dire. Certains Ashkénazim ont également l’habitude de ne pas le dire même à propos d’un Sage en Torah au moment de l’accompagner lors de l’enterrement.

 

3) [2-ט-ג] Il est bon de ne pas faire une cérémonie de souvenir au cimetière, pour l’année d’un défunt, ou bien les sept jours ou bien les trente jours car cela entraine des pleurs et pousse à dire des oraisons funèbres lorsqu’on se trouve à côté de la tombe. En conséquence il faudra aller au cimetière avant ‘Hanoukka.

Par contre il est permis d’aller, pendant Hanoukka, visiter les tombes des Tsaddiqim pour prier et pèleriner.

 

4) [2-ט-ד] Il est interdit de jeûner pendant ‘Hanoukka, y compris si le jour anniversaire du décès du père ou de la mère tombe pendant ‘Hanoukka. De même, pour ceux (particulièrement les personnes de rite Ashkénaze) qui ont l’habitude de jeuner le jour du mariage (ou la veille[1]), il leur sera interdit de jeûner si ce jour tombe pendant ‘Hanoukka. Les Séfaradim ne jeûnent (généralement) pas le jour du mariage (voir cependant note).

 

5) [2-ט-ה] On a le droit, dans l’essence de la loi, de jeûner pendant Hanoukka si on a eu un mauvais rêve. Après Hanoukka il faudra à nouveau jeûner pour racheter le fait d’avoir jeûné pendant Hanoukka (Voir à ce propos, Shou’lhan Âroukh Ch. 288 §4-5, qui indique sur quel type de rêve on jeûne et quel jour on doit à nouveau jeûner pour racheter le fait d’avoir jeûné pendant Hanoukka).

 

6) [2-ט-ו] On ne peut instaurer un jeûne public pendant Hanoukka, sur un malheur en cours. Si le jeûne a été instauré avant Hanoukka et le public a déjà commencé à jeûner alors on termine le jeûne (c’est le cas si les rabbins instaurent une série de jeûnes lundi/jeudi/lundi….. en cas de sècheresse ou de décret d’expulsion … ; si la série a débuté avant Hanoukka on la poursuit y compris pendant Hanoukka)

 

7) [2-ט-ז] Il est permis de faire des oraisons funèbres ou de jeûner la veille ou le lendemain des huit jours de ‘Hanoukka. Les interdits de jeûne ou d’oraison funèbre ne s’appliquent que pendant la fête mais ni avant ni après (contrairement aux fêtes comme Pessa’h et Soukkoth).Le deuil pendant Hanoukka

 

8) [2-ט-ח] Celui qui aurait un décès parmi les sept proches sur lesquels on prend le deuil (Père, Mère, Fils, Fille, Frère, Sœur et Conjoint) pendant ‘Hanoukka, devra procéder au déchirement de vêtement et respecter toutes les lois du deuil des sept premiers jours de deuil pendant ‘Hanoukka.La Mitsva de consoler les endeuillés a cours également pendant Hanoukka. De même les lois du Ônène (celui dont le mort n’est pas encore enterré) ont cours pendant Hanoukka. On procède également au repas qui suit l’enterrement (les lois sur l’allumage des lumières de hanoukka chez un endeuillé ou bien un Ônène ont été vues au chapitre II ; en ce qui concerne le Hallel pour un endeuillé, voir plus loin au chapitre X).

  

9) [2-ט-ט] Certains ont l’habitude de ne pas réciter le Qaddish pour leur proches pendant ‘Hanoukka : ceci n’est pas une bonne habitude d’après la Halakha et il faut l’éradiquer. Il faut dire Qaddish sur ses proches pendant ‘Hanoukka. Cependant, si les personnes ayant cet usage ne veulent pas l’annuler, il ne faut pas les en empêcher avec véhémence afin d’éviter la polémique.

 

Festoyer et être joyeux

10) [2-ט-י] Nous avons l’habitude de multiplier les repas pendant ‘Hanoukka, certains décisionnaires pensent que ces repas ne sont que facultatifs car les ‘Hakhamim n’ont pas institué que les jours de Hanoukka soient des jours de « festins et de joie » (contrairement à Pourim). D’autres considèrent par contre qu’il y a un peu de Miçwah à multiplier les repas pendant ‘Hanoukka et, de plus, ces jours correspondent à l’inauguration de l’autel. En conséquence, on dit des chants et des louanges envers l’Eternel pendant ces repas ce qui leur donne un caractère de Miçwah selon tous les avis. A plus forte raison si on dit des paroles de Torah à table, de halakha ou de haggadah, il est alors certain que ces repas prennent un caractère de « repas de Miçwah » d’après tous les avis (voir complément en fin de chapitre).

 

11) [2-ט-יא] Certains ont l’habitude de prendre des repas lactés (à base de lait ou de fromage) car on raconte dans le Midrash que Yéhoudith, la fille de Yo’hanan le grand prêtre, a fait manger au général ennemi du fromage afin de l’assoiffer et le faire boire jusqu’à ce qu’il soit saoul ; ensuite elle lui coupa la tête ce qui fit fuir l’ennemi.

 

 

Dire « ‘Al Hannissim » (« sur les miracles ») pendant Birkath Hammazone (actions de grâce après le repas)

12) [2-ט-יב] Lors des actions de grâce après les repas, pendant ‘Hanoukka, il faut dire הנסיםועל (et sur les miracles) dans la partie sur les remerciements, c’est à dire avant de dire «הכל ועל ». Si on a oublié de le dire :

  • Si on s’en souvient avant de dire la bénédiction, même si on a dit Baroukh Atta mais tant qu’on n’a pas prononcé le nom de D.ieu alors on revient en arrière et on dit ‘Wéâl Hannissim ».
  • Par contre si on a dit le nom de D.ieu on ne dira pas « lamédéni ‘houqqékha » (qui est un verset) pour revenir et dire « Wéâl Hannissim » mais on continuera comme d’habitude. Il est bon de rappeler le « ‘Al Hannissim » pendant les Hara’haman c’est à dire qu’on dira :הרחמן הוא יעשה עמנו נסים ונפלאות כמו שעשה לאבותינו בימים ההם בזמן הזה׳ בימי מתתיה בן יוחנן וכ׳ (Etc. en disant tout le texte prévu intiallement dans le « ‘Al Hannissim »)

 

13) [2-ט-יג] Dans les actions de grâce « résumées » (après avoir mangé des gâteaux, des 7 fruits d’Israël, ou bu du vin) on ne rappelle pas le souvenir de ‘Hanoukka. Si on l’a tout de même dit on ne recommence pas.

 

14) [2-ט-יד] En ce qui concerne les lois de « Wéâl Hannissim » pendant la prière (Chémonah ‘Esréh) se rapporter au chapitre X. 

Travailler pendant ‘Hanoukka 

15) [2-ט-טו] Il est permis de travailler pendant ‘Hanoukka de la même manière qu’on travaille les autres jours de l’année (jours ouvrables) ; malgré tout, les dames ont l’habitude de ne pas faire de travaux pendant que les lumières de ‘Hanoukka sont allumées [pour la Miçwah] c’est à dire pendant une demi-heure (à partir de l’allumage qui a eu lieu après la sortie des étoiles), et il ne faut pas transiger sur cette habitude. Certaines dames ont l’habitude de ne pas travailler du tout à ‘Hanoukka mais cet usage n’est pas bien selon la Halakha et est à annuler car l’oisiveté amène à l’ennui (en français on dirait l’oisiveté est mère de tous les vices). Malgré tout certains considèrent tout de même qu’il est bien que, tout au moins, elles ne fassent pas de travaux pénibles le premier et le dernier jour de ‘Hanoukka.

 

16) [2-ט-טז] On a l’habitude de multiplier la çéddaqah (actes de bianfaisance) à ‘Hanoukka.[2]

 

 

 

Compléments issus du livre ‘Hazon Ôvadia – ‘Hanoukka

 

17) [1-page טו §ג] Certains décisionnaires disent que la multiplication des repas que nous faisons pendant Hanoukka ne sont que des repas facultatifs, car les Sages n’ont pas fixé de faire pendant Hanoukka des repas et de se réjouir. Certains décisionnaires ne sont pas d’accord et disent qu’il y a une Mitsva à multiplier les repas. Nous avons l’habitude de dire des chants et des louanges pour Hashem pendant ces repas et alors ces repas sont considérés comme des repas de Mitsva. Il est bien et beau de profiter de ces rassemblements pour faire des discours de Torah et sur la crainte de D.ieu, pour rapprocher les juifs de leur père qui est « aux cieux », et ceux qui donnent du mérite à un grand nombre sont comme des étoiles pour l’éternité. Il est certain alors que ces repas sont considérés comme des repas de Mitsva.Qu’il soit la volonté de l’Eternel, qu’Il nous fasse des miracles et des prodiges comme Il l’a fait pour nos pères dans ces jours-là (de Hanoukka) à la même période de l’année « Mais toi, ô Israël, tu seras sauvé par l’Eternel, sauvé pour toujours » (Isaïe Ch. 45, V17). Qui nous ayons le mérite de la venue du Mashia’h [Messie] qui nous rendra justice (et les lettres du mot Mashia’h משיח forment les premières lettres des mots מדליקים שמנת ימי הנוכה « nous allumons pendant les huit jours de Hanoukka »), et que nous puissions allumer le candélabre dans notre Maison qui est notre sainteté et notre gloire [le Beth Hammiqdash], que nous voyons le Roi dans Sa beauté. Rapidement et de nos jours AMEN !

 

 

Donnons les quatre compléments rapportés dans le livre ‘Hazon Ovadia page יט dans la partie développements.

18) [1-page יט] De nos jours nous avons l’habitude de manger des beignets frits à l’huile, en souvenir du miracle de l’huile de Hanoukka. Tel l’a rapporté le recueil שריד ופליט, au nom de Rabbi Mimoun, le père du Rambam, qu’il ne faut pas déroger au moindre Minhagh (habitude) parmi les Minhaguim juifs, et qu’il faut faire un festin et être joyeux pendant Hanoukka afin de diffuser le miracle, et que l’habitude s’est établie de faire des beignets qu’on appelle en arabe « elsfenj », et il sont comme des galettes mielleuses ; il s’agit d’un Minhagh ancien et ils sont frits dans l’huile en souvenir de la bénédiction faite à l’huile (ramené dans Nétié Gabriel chapitre 41, page 311).

 

19) [1-page יט] Ces beignets, lorsqu’on les apporte au milieu du repas (après avoir fait le Motsi, la bénédiction sur le pain) il ne faut pas faire de bénédiction sur leur consommation, et il est bon de les consommer après le Birkat Hammazon (les actions de grâce faites après le repas) et alors on fera la bénédiction sur leur consommation. Voir à ce propos les Hidoushim du Ritva sur le Talmoud Bérakhoth (41b) et dans le livre Maamar Mordékhay (Ch. 168 §17) et dans le Kaf Ha’haym (même chapitre, §71), et Mishna Béroura dans Biour Halakha et Ben Ish Hay (Parashath Piné’has §22) et dans les Responsa Yabia Omer T8 et dans le livre « Mitsvath Ish Ouvéto ».

 

20) [1-page יט] Lors des fêtes de Hanoukka qui sont organisées dans les Yéshivoth, le Rav Shlomo Zalman Auyerbach a permis aux Séfaradim en deuil, dans les 12 mois pour le deuil d’un père ou d’une mère, de participer à ces fêtes car il n’y a d’interdit pour eux, pendant les douze mois, que dans un festin, et ces fêtes ne sont pas considérées comme des festins. Voir également dans les Responsa Maharshdam.

 

 

21) [1-page יט] Le Rav Shlomo Zalman Auyerbach a été interrogé à propos des beignets frits dans l’huile, qui après avoir été frits sont fourrés avec de la confiture, et cette confiture qui est « liquide » est rassemblée a un seul endroit, dans le beignet. Dans ce cas est-il permis de réchauffer un beignet sur la plaque électrique de Shabbath jusqu’à ce qu’ils atteignent une température supérieure à « Yad Solédeth Bo » (> 45°) ?

 

Sa réponse fut que c’est permis car même si la confiture lorsqu’elle n’est pas dans le beignet est considérée comme un « liquide », pour lequel il y a l’interdit de cuire même après avoir déjà été cuit (ce qui n’est pas le cas pour un aliment solide (sec)), malgré tout, lorsque la confiture est dans le beignet elle est considérée comme une partie « solide » dans le beignet. Il y a lieu de s’appuyer sur l’avis du « Min’hat Cohen » rapporté dans « Daat Torah » que lorsque la majorité est « solide » il n’y pas de cuisson si l’aliment a déjà été cuit. Même si la confiture est rassemblée en un seul endroit dans le beignet, malgré tout, son statut est celui d’un aliment « solide », car la majorité est le beignet, et qu’il suffit que la majorité soit solide. Ceci est conforme à ce que j’ai montré dans les Responsa Yabia Omer T7, que si la majorité est solide l’aliment est considéré comme étant complètement « solide » et qu’il n’y a pas dans ce cas l’interdit de cuire même après avoir déjà été cuit.

 

 

 

 

[1] Voir Rav Shalom Messas זצ״ל dans ומגן שמש

[2] Je me dois de rappeler une caisse qui fait énormément de bien pour nos frères (en particulier francophones) en détresse, en terre sainte. Cette association est au nom de mon arrière-grand-père, le Rav Eliahou Amsellem, beau-père de Sidna Baba Salé.

http://www.tsidkat-eliaou.org/