XVII Lois concernant la manière de prendre le Loulav et la bénédiction

XVII Lois concernant la manière de prendre le Loulav et la bénédiction

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XVII Lois concernant la manière de prendre le Loulav et la bénédiction  (13§)

 

 

La bénédiction sur le Loulav

1)   [2-יז-א] C’est une halakha répandue entre nos mains que « pour toutes les Mitsvoth il faut faire la bénédiction juste avant l’accomplissement de la Mitsva » (Talmoud Pessa’him 7b), en conséquence il faut faire la bénédiction sur le Loulav avant de le prendre, et vraiment juste avant de le prendre.

 

A posteriori, si quelqu’un a oublié de faire la bénédiction avant de prendre le Loulav, il a le droit de faire la bénédiction après avoir pris le Loulav, et même après avoir fini de dire le Hallel (psaumes de louanges) et avoir balancé le Loulav, tant qu’il n’a pas terminé des dire les « Hoshaânoth » car, dans ces conditions, la Mitsva n’est pas terminée complètement. Par contre, après avoir terminé les « Hoshaânoth », on n’a plus le droit, ce jour là, de faire la bénédiction sur le Loulav. Et si quelqu’un fait la bénédiction, il a fait une bénédiction en vain.

 

De même, si quelqu’un prend le Loulav plusieurs fois dans la journée, il n’a le droit de faire la bénédiction que la première fois.

 

 

2)   [2-יז-ב] On fait la bénédiction sur le Loulav « Âl Nétilath Loulav »

ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם אשר קדשנו במצותיו וצונו על נטילת לולב

Source de bénédictions, Tu es, Ô Eternel notre D.ieu, qui nous a sanctifié par Ses commandements et nous a ordonné de prendre le Loulav.

 

Le premier jour on fait également la bénédiction « Shéhé’héyanou » après avoir dit la bénédiction « Âl Nétilath Loulav »; si le premier jour de Soukkoth est un Shabbath, jour où on ne fait pas la bénédiction sur le Loulav on fait alors la bénédiction « Shéhé’héyanou » le second jour de Soukkoth.

 

Si on a oublié de dire la bénédiction « Shéhé’héyanou » le premier jour, on fait la bénédiction « Shéhé’héyanou » le second jour et, si on a également oublié le second jour, alors on fait la bénédiction « Shéhé’héyanou » le troisième jour. Et même si on a oublié de faire la bénédiction jusqu’au septième jour, alors on fera la bénédiction « Shéhé’héyanou »  (avant de prendre le Loulav) le septième jour.

 

 

3)    [2-יז-ב] Il faut être debout au moment où on fait la bénédiction sur le Loulav et au moment où on prend le Loulav. A posteriori, si on a fait la bénédiction et qu’on a pris le Loulav alors qu’on est assis, on est quitte. De même, une personne âgée ou malade pour laquelle il est très difficile d’être debout, a le droit de faire la bénédiction et de rendre le Loulav lorsqu’elle est assise.

 

 

4)    [2-יז-ד] Si quelqu’un n’a pas eu de Loulav avant de faire le Hallel, et qu’on le lui a amené au milieu de la lecture du Hallel, il s’interrompra entre deux chapitres, fera la bénédiction sur le Loulav, le balancera et ensuite poursuivra la lecture du Hallel.

 

Manière de prendre le Loulav.

5)   [2-יז-ה] Chacune des quatre espèces est indispensable aux autres, et s’il manque l’une d’entre elles on n’est pas du tout quitte de notre obligation (prendre trois espèces ou rien est la même chose).

 

C’est une Mitsva de prendre les quatre espèces ensemble, lorsque le Loulav, les feuilles de Myrte et les feuilles de saule sont accrochés et assemblés ensemble et que le Etrog est séparé. A postériori, si on a pris chaque espèce l’une après l’autre, on est quitte de notre obligation.

 

 

6)    [2-יז-ו] Avant de faire la bénédiction sur le Loulav, il faut prendre celui-ci avec la main droite, alors qu’il est assemblé avec les feuilles de Myrte et de Saule. On le prend avec la main droite car il y a trois Mitsvoth, le Loulav, les feuilles de Myrte et les feuilles de Saule. Par contre, on ne prend dans la main le Etrog [cédrat] qu’après avoir fait la bénédiction, afin de pouvoir faire la bénédiction avant d’accomplir la Mitsva, et si on prenait le Etrog avec les autres espèces cela ne serait pas avant d’accomplir la Mitsva.

 

On prend le Loulav, les feuilles de Saule et les feuilles de Myrte selon le sens de la pousse, c’est à dire leur tête vers le haut, et leur « base » (qui est la partie qui a été coupée de l’arbre) vers le bas. On les prend à l’endroit où les espèces ont été attachées ensemble et pas au dessus de l’endroit où les espèces ont été attachées.

 

Après avoir pris le Loulav avec la main droite, on fait la bénédiction en prononçant le nom de D.ieu « Âl Nétilath Loulav » (et le premier jour on dit également la bénédiction « Shéhé’héyanou » comme mentionné plus haut), ensuite on prend le Etrog avec la main gauche dans le sens de la pousse c’est à dire avec le Pitam (la petite pointe, protubérance) vers le haut et la queue (qui est l’endroit où on a coupé le Etrog de l’arbre) vers le bas, et on rapproche les deux mains et on réuni le Etrog aux autres espèces et on les balance ensemble (l’ensemble des espèces en même temps, le tout accolé).

 

Si on veut prendre également le Etrog avant de faire la bénédiction, on a le droit de le faire si on n’a pas pris le Etrog dans le sens de la pousse, c’est à dire qu’on l’a pris avec le Pitam vers le bas et la queue vers le haut, et ensuite lorsqu’on a terminé la bénédiction on retourne le Etrog de telle sorte que le Pitam soit vers le haut et la queue vers le bas.

 

Certains pensent qu’il est préférable de prendre les quatre espèces avant de faire la bénédiction et dans le sens de la pousse, avec le Loulav dans la main droite et le Etrog dans la main gauche, et de penser explicitement qu’on ne veut pas se rendre quitte de l’obligation d’accomplir la Mitsva jusqu’à ce qu’on ait terminé de dire la bénédiction. Le Minhagh est de procéder comme nous l’avons mentionné plus haut, c’est à dire qu’on ne prend pas du tout le Etrog tant qu’on n’a pas dit la bénédiction.

 

7)    [2-יז-ח] Un gaucher devra prendre le Loulav comme tout le monde, c’est à dire le Loulav avec la main droite et le Etrog avec la main gauche. Les Ashkénazim ont l’habitude qu’un gaucher prenne le Loulav avec la main gauche et le Etrog avec la main droite.

 

Malgré tout, a posteriori, cela n’empêche pas d’avoir accompli la Mitsva et dans tous les cas on est quitte de notre obligation. Il est bon de reprendre le Loulav (les espèces) comme il faut sans bénédiction (le Loulav avec la main droite et le Etrog avec la main gauche). Si quelqu’un est ambidextre, selon toutes les opinions, il devra prendre le Loulav avec la main droite et le Etrog avec la main gauche.

 

 

8)    [2-יז-ח] Si quelqu’un porte des gants, il faut qu’il les enlève avant de faire la bénédiction sur le Loulav, et s’il ne les enlève pas, certains disent qu’il n’est pas quitte de son obligation d’accomplir la Mitsva. Si quelqu’un porte une bague à un doigt, il est bon qu’il l’enlève avant de faire la bénédiction. Malgré tout, dans le fondement de la Halakha, la présence d’une bague n’empêche pas d’accomplir la Mitsva et si on ne l’a pas enlevée on est (malgré tout) quitte de notre obligation

 

 

9)   [2-יז-ט] Bien que dans le fondement de la loi, on est quitte de notre obligation d’accomplir la Mitsva par le fait même de prendre les quatre espèces et de les lever, malgré tout il faut également les balancer. « Balancer » signifie qu’il faut prendre les quatre espèces et les amener vers l’extérieur, c’est à dire d’étendre les bras en face de soi, en face du tronc, et de les ramener ensuite vers son corps ; on étend et ramène ainsi trois fois de suite. Il faut « balancer » dans les quatre directions (les quatre points cardinaux), l’est, l’ouest, le nord et le sud, puis haut et bas. Il ne faut pas balancer avec force mais calmement et lentement.

 

L’habitude des Séfaradim et des juifs orientaux est de balancer le Loulav conformément à l’opinion de notre maître le Ari Zal , c’est à dire qu’il faut balancer d’abord vers le sud, puis ensuite vers le nord, ensuite l’est ensuite vers le haut puis ensuite vers le bas et enfin vers l’ouest. L’ordre dans lequel on balance n’est pas rédhibitoire pour accomplir la Mitsva et si on a changé cet ordre on est quitte de notre obligation (certains ont l’habitude de balancer selon un ordre différent).

 

Lorsqu’on balance le Loulav vers le bas, on ne le retourne pas jusqu’à ce que la tête soit orientée vers le bas, mais on le tient selon sa manière de pousser, c’est à dire qu’on baisse les mains et le Loulav vers le bas et ensuite on élève vers le haut trois fois de suite.

 

 

10)   [2-יז-י] Les passages pendant lesquels on balance le Loulav lorsqu’on dit le Hallel (complet) sont lorsqu’on dit le versetהוֹדוּ לַה” כִּי טוֹב כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ au milieu du Hallel et à sa fin :

  • lorsqu’on dit הוֹדוּ, on balance trois fois le Loulav en direction du sud ;
  • lorsqu’on dit le nom de D.ieu ‘ה on le balance pas du tout le Loulav;
  • lorsqu’on dit le mot כִּי on balance le Loulav trois fois en direction du nord;
  • lorsqu’on dit le mot טוֹב on balance le Loulav trois fois en direction de l’est ;
  • lorsqu’on dit le mot כִּי on balance le Loulav trois fois vers le haut;
  • lorsqu’on dit le mot לְעוֹלָם on balance le Loulav trois fois vers le bas;
  • et lorsqu’on dit le mot חַסְדּוֹ on balance le Loulav trois fois vers l’ouest.

 

Lorsqu’on balance le Loulav lorsqu’on lit le verset הוֹדוּ לַה” כִּי טוֹב כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ qui est à la fin du Hallel, bien qu’on ait l’habitude de doubler ce verset, malgré tout on ne balance le Loulav que lorsqu’on dit ce verset la première fois.

 

De même, on balance le Loulav en disant le verset אָנָּא ה” הוֹשִׁיעָה נָּא,

  • lorsqu’on dit la première lettre אָ du mot אָנָּא, on balance le Loulav trois fois vers le sud,
  • lorsqu’on dit la seconde lettre נָּ du mot אָנָּא on balance le Loulav trois fois vers le nord;
  • lorsqu’on dit le nom de D.ieu ה, on ne balance pas du tout le Loulav ;
  • lorsqu’on dit la première lettre הוֹ du mot הוֹשִׁיעָה on balance le Loulav trois fois vers l’est;
  • lorsqu’on dit שִׁי du mot הוֹשִׁיעָה on balance le Loulav trois fois vers le haut,
  • lorsqu’on dit עָה du mot הוֹשִׁיעָה on balance le Loulav trois fois vers le bas
  • et lorsqu’on dit le mot נָּא on balance le Loulav trois fois vers l’ouest.

 

On reprend ce même ordre lorsqu’on dit une seconde fois le verset אָנָּא ה” הוֹשִׁיעָה נָּא,

 

11)   [2-יז-יא] Après le Hallel, on sort un Séfer Torah (et les jours de fête on sort deux Séfer Torah), et on les pose sur la Téva (la table de l’officiant) et on lit les « Hoshaânoth » ; au moment où on lit les Hoshaânoth, on tourne autour de la Téva une fois chaque jour, alors qu’on a le Loulav et les Etrog dans sa main (les quatre espèces).

 

 

12)   [2-יז-יב] Pendant le Shabbath de ‘Hol Hamoêd (demi-fêtes) de Soukkoth, et de même lorsque le premier jour de fête est un Shabbath, jours pendant lesquels on ne prend pas le Loulav, on ne dit pas du tout les Hoshaânoth.

 

 

Hoshaânoth de « Hoshaâna Rabba »

13)    [2-יז-יג]  Lors de la prière du matin de « Hoshaâna Rabba » (le dernier jour de la demi-fête) on a l’habitude de tourner autour de la Téva (la table de l’officiant), en portant les quatre espèces, et en disant les « Hoshaânoth », sept fois.

 

Après la prière de Moussaf, on a l’habitude de faire la « Havitath Ârava » (frapper la Ârava), c’est à dire de frapper des feuilles de Saule, comme nous le verrons dans le chapitre consacré aux prières pendant la fête de Soukkoth.