Parashat Vayshala’h – Itsik Elbaz

Parashat Vayshala’h – Itsik Elbaz

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Parachat Vayichla’h – Itsik Elbaz

 Leilouy nichmat Méir Barou’h Morde’hai Ben Miryam                                      

 

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Sauve moi, je te prie, de la main de mon frère, de la main d’Essaw (Génèse 32 ; 12)הצילני נא מיד אחי מיד עשיו

Yaacov décide de rentrer avec sa famille et ses biens en Cana’an, et envoie des messagers à Essaw, car ce dernier est au courant de sa venue et sors à sa rencontre. Yaacov, implore H.achem de le sauver « de la main de son frère, de la main d’Essaw », car « Je le crains ». Ici, il y a lieu de poser les questions suivantes : (1) Pourquoi apparait une redondance et une abondance d’expression dans cette phrase ? Pourtant, Yaacov n’a qu’un frère et celui-ci est Essaw ! (2) Le passage insiste plusieurs fois sur la frayeur, la peur, la terreur de Yaacov à ce moment-là, donc où se situe sa foi en H.achem qui lui a promis Et Je te garderai dans toutes tes voies ? (Genèse 28 ; 15) ?

Le Zohar (VIII) explique que la demande de Yaacov nous apprend qu’il faut toujours prier de manière explicite. Alors pourquoi n’a-t-il pas dit : « De la main de mon frère Essaw » ? A cela, plusieurs explications. La première se rapporte sous forme de parabole dans le Midrach. Un homme voulait un âne et priait tous les jours pour en avoir. Sa prière fut entendue et il reçut un âne. En allant en ville, il vit que l’âne souffrait et était épuisé de sa charge, l’homme se mit alors à le porter jusqu’en ville ! Lui qui se plaignait d’aller à pied d’aller en ville finit par aller en ville avec une charge supplémentaire sur le dos. Yaacov comprend qu’il doit couper tout contact avec Essaw, aussi bien en tant que Essaw, le bandit reconnu, aussi bien en tant que frère, la figure familiale pouvant l’induire en erreur. Yaacov ne veut pas avoir de liens avec Essaw, ni bons, ni mauvais. Ce que rapporte le Rav Kaplan, élève du Rav de Brisk (Le Rav Haïm HaLévy Solovéytchik, le Beth HaLevy), alors qu’ils voyageaient en bateaux, accompagné de plusieurs érudits et de la famille du Rav. Le Rav de Brisk, ainsi que sa famille ne mangeaient aucun des plats proposés. Le capitaine lui expliqua qu’il pouvait envoyer quelqu’un dans la cale pour pêcher un poisson cacher et le cuisiner dans des ustensiles neufs. Le Rav de Brisk chargea le Rav Kaplan de la tâche en lui recommanda d’allumer le feu lui-même pour ne pas craindre de problème.

Le Rav fit ce qui avait été demandé, puis éteignit et ralluma le feu. Le capitaine, voyant cela, lui fit remarquer, « Que crains-tu ? Moi-même, je suis juif ! » Lorsque le Rav alla raconter cela au Rav de Brisk celui-ci, rassuré dit : « Ah, il est juif ? J’avais peur pour moi quand il a demandé à mon sujet et a souhaité me nourrir » Cela enseigne qu’un Essaw dangereux (extérieurement) n’est pas moins dangereux qu’un Essaw fraternel.

Aussi, le Rav Moché Midner apporte une parabole intéressante : Si un père veut offrir un cadeau à son fils et l’emmène acheter une voiture dans un magasin de jouets, l’enfant sera surexcité et n’hésitera pas à parler fort et à demander : « Je veux cette voiture, non, celle-ci, ou plutôt celle-ci ! ». Alors que si son professeur souhaite le récompenser de son attitude et lui offre une voiture, l’enfant sera réservé dans le magasin et ne se permettra pas de demander au professeur ce qu’il souhaite. Il en est de même ici, Yaacov est proche de son Père, et ce permet alors de lui demander son souhait sous cette forme.

Au sujet de la frayeur de Yaacov, on peut aussi l’interpréter de deux manières : la première est qu’il avait confiance en H.achem mais qu’il a jugé utile de faire ses propres efforts pour mériter l’intervention Divine ; c’est la Hichtadelout (s’efforcer dans un domaine pour y voir l’aide Divine). La seconde montre en fait la véritable foi de Yaacov : Celui-ci apprend qu’Essaw vient à sa rencontre, et surmonte sa peur, naturelle et humaine, pour remettre son destin entre les mains de H.achem. Car il n’existe pas de guerrier qui parte en guerre sans éprouver de la peur. C’est ainsi que l’explique le Rav Don Its’hak Abrabanel : Tout comme un homme qui donne la charité sans comprendre ce qu’est l’argent n’est pas généreux, comme un homme qui part en guerre sans peur n’est pas courageux. Et cette peur, bien qu’humaine, peut être surmontée grâce à la foi.

 

 

הבעל והאשה הרגילים בנר יהיו להם בנים תח

שבת דף כג: “אמר רב הונא הרגיל בנר הויין ליה בנים תלמידי חכמים וכו’, רב הונא הוה רגיל דהוה חליף ותני אפתחא דרבי אבין נגרא, חזא דהוו רגיל בשרגי טובא, אמר תרי גברי רברבי נפקי מהכא, נפקי מינייהו רב אידי בר אבין ורב חייא בר אבין. רב חסדא הוה רגיל דהוה חליף ותני אפיתחא דבי נשא דרב שיזבי, חזא דהוה רגיל בשרגי טובא, אמר גברא רבא נפק מהכא, נפק מינייהו רב שיזבי”.

ובתוס’ שם כתבו “חזא דהוו רגיל בשרגי טובא: פי’ הבעל והאשה, לכך אמר תרי גברי רברבי נפקי מהכא, ולקמן אמר חזא דהוה רגילה האשה לבדה, לכך קאמר דנפיק חד גברא רבא בזכותה”.

ובמהרש”א שם כתב “דרב הונא ראה שהיו רגילים בבית רבי אבין בשרגי טובא, בין בליל שבת ובין בחנוכה אפילו בחול אמר תרי גברי כו’, אבל רב חסדא לא ראה דהוו רגילין אלא באחד מהם, או בשבת או בחנוכה, לא אמר אלא גברא רבה”.

 

La Guemara de Chabbat (23b) nous raconte deux histoires semblables : Dans la première, Rav Ouna qui passait devant la maison de Rav Avine remarqua que beaucoup de bougies y étaient allumées. Il déclara alors : « deux grands érudits sortiront de cette maison » et en effet, Rav Avine eut deux enfants érudits et versés dans la Torah.

Dans la deuxième anecdote, Rav ‘Hisda passait devant la maison de Rav Shizvi, et voyant beaucoup de bougies allumées, il déclara : « un grand érudit sortira de ce foyer » et en effet, Rav Shizvi eut un fils qui fut un grand érudit.

Tossefot explique la différence entre ces deux épisodes : dans le premier foyer, les deux époux avaient l’habitude d’allumer des bougies, ainsi, ils eurent le mérite de donner naissances à deux érudits. Tandis que dans le deuxième foyer, c’est uniquement par le mérite de la femme qui allumait, elle seule des lumières, qu’ils eurent un enfant érudit.

Le Maharsha nous livre aussi son explication : Dans la maison de Rav Avine, des bougies étaient allumées tous les jours, et pas seulement pour Chabbat et ‘Hanoukka. Ainsi deux érudits y grandirent .Tandis que dans la maison de Rav Shizvi, on y allumait des bougies qu’à Chabbat ou ‘Hanoukka. Ainsi ils eurent un enfant érudit.

Quoi qu’il en soit, nous comprenons l’importance et la grandeur de l’allumage des bougies dans un foyer. Ceci donne le mérite de mettre au monde des enfants qui auront un grand potentiel spirituel. (Par le Rav Yossi Guigui)

 

Etincelles de lumière

Le bon comportement précède la Torah

Le ‘Hafets ‘Haïm expliqua un jour les paroles de Rabbi Yichma’el, le fils de Rabbi Na’hman, telles qu’elles sont rapportées dans le Midrach (Rabba Vayikra 9 ; 3) « De vingt-six générations, la bonne conduite a précédé la Torah ». Il enseigna ainsi : Il est évident que ce passage ne vient pas donner une préséance à la bonne conduite sur la Torah, si l’on venait à choisir entre l’une des deux. Comme le rapporte le Sage Rabbi El’azar fils d’Azariah « S’il n’y a pas de Torah, il n’y a pas de bonne conduite. Et sans conduite, il n’y a pas de Torah » (Maximes des pères 3 ; 17).

Mais, en ce qui concerne le service divin (la prière, l’étude et les Mitsvot), un âge est défini pour commencer l’éducation d’un enfant (comme on le voit dans le traité Soukka 42a ou dans les Maximes des Pères 5 ; 21). Or, aucun âge n’a été fixé pour inculquer un bon comportement à l’enfant.

La raison est que dès l’instant où le nourrisson ouvre les yeux, il y a lieu de lui montrer l’exemple par un bon comportement et une bonne conduite. Car cet enseignement précède à la Torah dans l’éducation de l’enfant.