Parashat Vayqra – Jardindelatorah

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Parashat Waykra   וַיִּקְרָא

 Le Jardin de la Torah

Ces Divré Torah sont Léilouy Nishmat

Haya Ra’hel Bat Sassya (Lisette) Z”L

 

Pour télécharger le fichier correspondant :  A VENIR

Nous vous proposons cette semaine 3 Divré Torah sur la Parasha :

– Adéreth Eliahou (Ben Ish Hay)

– Site http://bnei-zion.com

– Rashi explicité

 

Premier Dévar Torah (Déjà publié en 5772)

Livre Adéreth Eliahou du Ben Ish Hay, Rabbi Yossef Haym de Baghdad page 32

 

Notre Parasha débute par (Lévitique  Ch. 1 v2) :

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לה׳–מִן-הַבְּהֵמָה, מִן-הַבָּקָר וּמִן-הַצֹּאן, תַּקְרִיבוּ, אֶת-קָרְבַּנְכֶם.

“Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Si quelqu’un d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande.

 

Dans le Midrash nous voyons qu’au moment où le Saint béni soit-Il a ordonné à Israël les commandements relatifs aux sacrifices, alors toutes les Nations se sont rassemblées autour de Bilâm, le mécréant, et lui ont demandé : « pour quelle raison le Saint béni soit-Il a-t-il ordonné à Israël de faire des sacrifices et à nous (Nations du monde) n’a-t-Il rien ordonné de cette nature ? »

 

Il leur répondit, « bandes de fous, les Enfants d’Israël ont accepté la Torah en conséquence Hashem leur a ordonné de faire les sacrifices, mais vous qui n’avez pas accepté la Torah (ne l’avez pas reçue), en conséquence Il ne vous a pas ordonné de faire des sacrifices ».

 

Il nous faut comprendre comment ces deux notions sont liées, recevoir la Torah et faire des sacrifices ! En fait, un sacrifice vient compenser une faute, si un  non-juif fait une faute envers Hashem et transgresse un des 7 commandements des descendants de Noé et souhaite se repentir (regretter) et apporter un sacrifice, pour quelle raison ne pourrait il pas le faire ? Et donc, pour quelle raison les non-juifs ne sont ils pas inclus dans cette obligation ( de faire des sacrifices) puisqu’eux aussi sont astreints à des commandements, les 7 Mitsvoth des descendants de Noé ?

 

Il me semble pouvoir expliquer à partir de ce que nous enseigne la Péssikta : « la Sagesse » fut interrogée, on lui demanda « un fauteur, quelle est sa punition ?  Les fautes vont poursuivre le pécheur (celui qui faute) [Proverbes Ch. 13 v 21]. « La Prophétie » fut interrogée, elle répondit (Ezéchiel, Ch. 10 v. 20) « La personne qui pèche, mourra ». La Torah fut interrogée et répondit « qu’elle apporte un sacrifice et sa faute sera rachetée ». Le Saint béni soit-Il fut interrogé et répondit « qu’il fasse Téshouva (repentir) et sa faute sera rachetée », comme il est écrit (Psaumes Ch. ; 25 v. 8) :

טוֹב-וְיָשָׁר ה׳;    עַל-כֵּן יוֹרֶה חַטָּאִים בַּדָּרֶךְ.

L’Eternel est bon et droit, aussi montre-t-il aux pécheurs le [vrai] chemin.

 

D’après cet enseignement, il s’avère donc que pour la « sagesse » et la « Prophétie » il n’y a pas de réparation possible pour le fauteur si ce n’est par sa destruction qui est alors sa purification. Par contre la Torah a donné un moyen simple de réparer la faute, qui est peu onéreux, très facile à accomplir c’est à dire d’apporter un sacrifice qui est peu onéreux et ainsi le fauteur aura réparé sa faute et il vivra et ne mourra pas.

 

Ainsi, du fait que cette réparation par un sacrifice vient de la Torah, puisque c’est la Torah qui a répondu ainsi (a donné cette réparation par un sacrifice) alors que la « Sagesse » et la « Prophétie » ont condamné à mort, il est donc certain que nous en déduisons que le sacrifice ne peut fonctionner que pour les Israélites qui ont accepté la Torah, qui aiment la Torah et qui s’accrochent à la Torah ; ce qui n’est pas le cas des nations du monde qui ont dédaigné la Torah (en ont été dégoutés) et ne l’ont pas acceptée. Ainsi, comment serait il possible que la réparation donnée par la Torah (le sacrifice) puisse fonctionner pour eux ? Ceci est un verset explicite (Proverbes Ch. 27 v18) :

נֹצֵר תְּאֵנָה, יֹאכַל פִּרְיָהּ;    וְשֹׁמֵר אֲדֹנָיו יְכֻבָּד.

Qui veille sur le figuier jouira de ses fruits qui veine sur son maître recueillera de l’honneur.

 

C’est à dire que celui qui veille sur le figuier est celui qui jouira de ses fruits ; celui qui a la bouche amère par une médication alors le médecin pourra lui donner un peu de sucrerie (une douceur) afin d’adoucir sa bouche. Par contre, celui qui n’écoute pas le médecin et ne boit pas la médication amère pour quelle raison le médecin lui donnerait il une douceur ? Il en est de même dans notre cas (celui d’un fauteur).

 

En conséquence, il est nécessaire de juger un fauteur parmi les Nations d’après l’opinion de la « Sagesse » et de la « Prophétie » . C’est ce que nous enseigne le Midrash, rapporté au début.

 

En fait les Nations ont eu peur d’être jugées selon l’opinion de la « Sagesse » et de la « Prophétie » ; Bilâm leur a répondu qu’il est évident, selon la logique des choses, que les Israélites qui ont accepté la Torah et lui ont donnée de la considération doivent être jugés selon l’opinion de la Torah qui a demandé d’apporter un sacrifice et alors le fauteur aura racheté sa faute et c’est pour cela que le Saint béni soit-Il leur a ordonné d’apporter des sacrifices ce qui n’est pas le cas pour vous (Nations du monde) qui n’avez pas accepté la Torah, vous n’êtes pas éligibles aux sacrifices et comme on l’a vu vous devez être jugés, en cas de transgression d’un des commandements des descendants de Noé, selon l’opinion de la « Sagesse » et de la « Prophétie ».

 

 

Second Dévar Torah (déjà publié en 5772)

Tiré du site http://bnei-zion.com

 

Notre Parasha débute par (Lévitique  Ch. 1 v2) :

דַּבֵּר אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל, וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם, אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם קָרְבָּן, לה׳–מִן-הַבְּהֵמָה, מִן-הַבָּקָר וּמִן-הַצֹּאן, תַּקְרִיבוּ, אֶת-קָרְבַּנְכֶם.

“Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Si quelqu’un d’entre vous [si un homme parmi vous] veut présenter au Seigneur une offrande de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre offrande.

 

Nos sages à ce propos s’interrogent : pour quelle raison le Saint béni soit-il a-t-Il choisi, pour ce qui concerne les sacrifices, uniquement l’aspect ADAM  אָדָם « homme ». En réalité il était possible d’utiliser d’autres synonymes et dire  איש כִּי יַקְרִיב מִכֶּם qui veut dire la même chose ou bien dire  חוטא כִּי יַקְרִיב מִכֶּם, « Si un fauteur d’entre vous veut présenter au Seigneur une offrande de bétail ».

 

Le Rav Kissé Ra’hamim nous apprend qu’il nous faut savoir que l’humilité est une qualité très importante parmi toutes les qualités, et qu’elle est même plus importante que les sacrifices. Cela est en conformité avec ce que nous trouvons dans le Midrash, que Moshé Rabbénou a interrogé le saint béni Soit-Il « Maître du monde, voilà que lorsque le Beth Hammiqdash (le Temple) existe et que les Israélites font des sacrifices alors ils peuvent exister (subsister) par contre lorsqu’il n’y a pas de temple et donc pas de sacrifices par quel mérite les Israélites vont ils exister (subsister) ? » 

 

Le saint béni soit-Il a répondu à Moshé, , אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם « Si un homme parmi vous veut présenter un sacrifice » ou dit autrement « un homme qui se sacrifie parmi vous » c’est à dire celui qui est humble et modeste et qui est une forme de « sacrifice » , c’est préférable au fait d’apporter un sacrifice. Comme il est écrit (Psaumes Ch. 51 v19) :

זִבְחֵי אֱלֹקים,    רוּחַ נִשְׁבָּרָה: לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה–    אֱלֹקים, לֹא תִבְזֶה

les sacrifices [agréables] à D.ieu, c’est un esprit contrit; un cœur brisé et abattu, ô D.ieu, tu ne le dédaignes point.

 

C’est à dire que de le même manière que les sacrifices rachètent les fautes, l’humilité et un cœur brisé rachètent les fautes. Comme on le voit dans le Midrash (Yalqouth Shimôni sur Psaumes 51)  « זִבְחֵי אֱלֹהִים,    רוּחַ נִשְׁבָּרָה » « les sacrifices [agréables] à D.ieu, c’est un esprit contrit ». Ribbi Yéhoshoua Ben Lévy dit « Viens voir comment sont grandes les personnes humbles, car à l ‘époque où il y avait le temple de Jérusalem, une personne qui sacrifiait comme offrande un holocauste alors il avait le mérite (le salaire) de cet holocauste ; s’il sacrifiait une « oblation » (קָרְבַּן מִנְחָה) alors il avait le mérite de cette « oblation » ; par contre celui qui est humble l’écriture le considère comme s’il avait fait toutes ces sortes de sacrifices comme il est écrit (Psaumes 51 v19) :

זִבְחֵי אֱלֹהִים,    רוּחַ נִשְׁבָּרָה: לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה–    אֱלֹהִים, לֹא תִבְזֶה

les sacrifices [agréables] à D.ieu, c’est un esprit contrit; un cœur brisé et abattu, ô D.ieu, tu ne le dédaignes point. »

 

C’est ce que dit notre verset אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם , le mot אָדָם « Adam » constitue les premières lettres des  noms אברהם דוד משה « Avraham – David – Moshé » qui sont les archétypes de la vraie humilité (comme on le voit dans le Talmoud ‘Houlin 89b, « le Saint béni soit-Il dit au peuple d’Israël : Je désire, J’attends de vous, que même lorsque Je vous pourvoie la grandeur vous vous rapetissiez devant Moi. J’ai donné la grandeur à Avraham et il a dit devant Moi (Genèse Ch. 18 v25) וְאָנֹכִי עָפָר וָאֵפֶר.  « moi, poussière et cendre » ; J’ai donné la grandeur à Moshé et à Aharon et ils ont dit (Exode ch. 16 v7) וְנַחְנוּ מָה « que sommes nous » ; J’ai donné la grandeur à David et il a dit (Psaumes Ch. 22 v6)  וְאָנֹכִי תוֹלַעַת וְלֹא-אִישׁ , « Moi, je suis un vermisseau, et non un homme »

 

Il nous faut savoir, nous dit le Kissé Ra’hamim, que si un homme possède une vraie humilité, alors se réalisera avec lui אָדָם כִּי-יַקְרִיב מִכֶּם, car מִכֶּם est formé des premières lettres des trois premiers mots de la phrase [il faut Savoir que l’ange Mikhael est considéré comme le Cohen Gadol, le grand prêtre d’en haut]

מיכאל כהן מקריב את נשמתו של אדם

Mikhael le prêtre prend en sacrifice l’âme de l’homme (au moment où il décède), Il la sacrifie comme un sacrifice sur l’autel d’en haut.

 

C’est pour cela que nous faisons les vêtements mortuaires (linceul) uniquement en lin, car lorsqu’on remplit les lettres du mot קרבן, sacrifice, on a קו”ף רי”ש בי”ת נו”ן, dont les dernières lettres de chaque mot forment le mot פשתן lin, et ceci pour nous rappeler que l’homme qui était humble et qui s’abaissait pendant sa vie, au moment de sa mort (après 120 ans), aura le mérite d’être un sacrifice ayant une odeur agréable pour l’Eternel, sur l’autel du Beth Hammiqdash (le Temple) d’en haut [et jouira alors de la  « lumière » Divine].


Troisième Dévar Torah  (5773)

 

Nouvelle rubrique dans laquelle nous allons décortiquer le commentaire de Rashi sur quelques versets de la Parasha. Les explications sont tirées du livre « Rashi Hamméforash ». Le texte de Rashi en Français est tiré principalement du site « sefarim.fr » et est en fait celui du « Houmach avec Rachi » des éditions Gallia. J’y ai apporté de très légères modifications.

 

Le texte en gras et en rouge (et souligné) est celui de la Torah ; le texte normal est celui de « Rashi Hamméforash » et le texte en gras est la traduction de Rashi proprement dite.

 

Les merveilles de Rashi !!

Lévitique Ch. 1 v. 1 :

וַיִּקְרָא, אֶל-מֹשֶׁה; וַיְדַבֵּר ה״ אֵלָיו, מֵאֹהֶל מוֹעֵד לֵאמֹר.

L’Éternel appela Moïse, et lui parla, de la Tente d’assignation, en ces termes:

 

 

אֶל מֹשֶׁה, לְכָל דִּבְּרוֹת וּלְכָל אֲמִירוֹת וּלְכָל צִוּוּיִם, קָדְמָה קְרִיאָה לְשׁוֹן חִבָּה, לָשׁוֹן שֶׁמַּלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת מִשְׁתַּמְּשִׁין בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: “וְקָרָא זֶה אֶל-זֶה”, אֲבָל לִנְבִיאֵי הָאֻמּוֹת עַכּוּ”ם נִגְלָה עֲלֵיהֶן בִּלְשׁוֹן עֲרַאי וְטֻמְאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: “וַיִּקָּר אֱלֹהִים אֶל-בִּלְעָם“.

 

Il appela Moshé Le texte est redondant et dit à la fois « appela » et « parla » car Il ne lui a pas parlé immédiatement mais a commencé à l’appeler par son nom « Moshé ! Moshé ! », avant de lui parler et de là nous apprenons pour toutes les fois que Hachem s’est adressé à Moshé en lui « parlant », en lui « disant » et en lui « ordonnant », chaque fois qu’il est écrit dans la Torah que D.ieu parla [à Moshé] « Waydaber » ou que D.ieu dit [à Moshé] « Wayomer » ou que D.ieu a ordonné [à Moshé] « Wayçaw » Il a commencé par « appeler », Il a commencé par l’appeler par son nom « Moshé », expression d’affection (Yoma 4b, Wayiqra raba), car celui qui aime son ami commence par l’appeler par son nom, même s’il se tient après de lui. Et c’est ce que dénote le terme « Wayqra » qui est  identique à celui employé par les anges de service, comme il est écrit : « Il “appela” l’un l’autre et seulement ensuite et il dit» (Yecha’yah 6, 3). Tandis que c’est de manière fortuite qu’Il se révèle aux prophètes des nations du monde, subitement sans les appeler précédemment et avec un langage d’impureté, comme il est écrit : « Éloqim “survint” [Wayqar] vers Bil‘am, il lui dit… » (Bémidbar 23, 4), le mot utilisé « Wayqar » signifie d’une manière occasionnelle et fortuite, et un langage de l’impureté des pollutions nocturnes (קרי).

 


וַיִּקְרָא אֶל מֹשֶׁה, הַקּוֹל הוֹלֵךְ וּמַגִּיעַ לְאָזְנָיו וְכָל יִשְׂרָאֵל לֹא שׁוֹמְעִין. יָכוֹל, אַף לְהַפְסָקוֹת הָיְתָה קְרִיאָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: “וַיְדַבֵּר”, לְדִבּוּר הָיְתָה קְרִיאָה וְלֹא לְהַפְסָקוֹת. וּמֶה הָיוּ הַפְסָקוֹת מְשַׁמְּשׁוֹת? לִתֵּן רֶוַח לְמֹשֶׁה לְהִתְבּוֹנֵן בֵּין פָּרָשָׁה לְפָרָשָׁה וּבֵין עִנְיָן לְעִנְיָן, קַל וָחֹמֶר לְהֶדְיוֹט הַלּוֹמֵד מִן הַהֶדְיוֹט.

Il appela Moshé Tous les endroits dans la Torah où il est utilisé un langage de « Il appela » sans préciser qui appelle, la Torah utilise l’expression « Wayqra eth » comme par exemple dans (Genèse Ch. 27 v.1) וַיִּקְרָא אֶת-עֵשָׂו « il appela Ésaü » et là c’est la postposition « El » « vers »[1] qui est utilisée pour nous apprendre que La voix se propageait et atteignait uniquement les oreilles de Moshé, et nul en Israël ne l’entendait. J’aurais pu penser qu’il y eût eu un appel également pour signaler les interruptions dans le discours, qu’à tout endroit où il y a une interruption dans la Torah entre deux morceaux avec une « ouverture » ou une « fermeture », comme plus loin au verset 14 (où il y a une « ouverture ») « Si c’est un oiseau qu’on veut offrir en holocauste etc. », car même s’il n’y a ni discours, ni parole ni ordre, malgré tout du fait qu’il y a une interruption, on pourrait se tromper et croire qu’il y a un nouvel appel, aussi est-il écrit : « lui parla », il n’est pas écrit « Il appela Moshé de la tente d’assignation et lui parla » mais la parole a été juxtaposée à l’appel (les termes sont rapprochés) ce qui veut dire qu’il y a eu un « appel » lors de la prise de parole, et non pour les interruptions. Et à quoi les interruptions ont-elles servi ? Puisqu’à chaque fois il n’y a pas eu une nouvelle parole, quelle nécessité y a-t-il à s’interrompre entre les passages ? À donner à Moshé le temps de réfléchir entre chaque paragraphe et le suivant et entre un sujet et l’autre, afin que les sujets ne se mélangent pas. À plus forte raison un simple être humain en a-t-il besoin lorsqu’il étudie auprès d’un de ses semblables, faut-il s’interrompre lorsqu’on passe d’un sujet à l’autre.

 

 

אֵלָיו, לְמַעֵט אֶת אַהֲרֹן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: י”ג דִּבְּרוֹת נֶאֶמְרוּ בַּתּוֹרָה לְמֹשֶׁה וּלְאַהֲרֹן, וּכְנֶגְדָּן נֶאֶמְרוּ י”ג מִעוּטִין, לְלַמֶּדְךָ, שֶׁלֹּא לְאַהֲרֹן נֶאֶמְרוּ, אֶלָּא לְמֹשֶׁה שֶׁיֹּאמַר לְאַהֲרֹן; וְאֵלּוּ הֵן י”ג מִעוּטִין: “לְדַבֵּר אִתּוֹ”, “מִדַּבֵּר אֵלָיו”, “וַיְדַבֵּר אֵלָיו”, “וְנוֹעַדְתִּי לְךָ” _ כֻּלָּן בְּתוֹרַת כֹּהֲנִים. יָכוֹל, שָׁמְעוּ אֶת קוֹל הַקְּרִיאָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: “קוֹל לוֹ”, “קוֹל אֵלָיו”, מֹשֶׁה שָׁמַע וְכָל יִשְׂרָאֵל לֹא שָׁמְעוּ (מוּבָא כָּאן בְּשֵׁם הָרַ”ן שֶׁדִּיּוּקוֹ דְּרַשִּׁ”י מִמַּה שֶּׁהַתֵּבָה הַמְיַחֶדֶת הַדִּבּוּר מֻרְגֶּשֶׁת בַּמִּבְטָא יוֹתֵר מֵאִלּוּ הָיָה כָּתוּב ‘לוֹ’ שֶׁגַּם-כֵּן תּוֹרֶה עַל יִחוּד הַדִּבּוּר, אֲבָל אֵינָהּ מֻרְגֶּשֶׁת וְכָתַב אֵלָיו שֶׁגַּם-כֵּן הִיא הַתֵּבָה הַמְיַחֶדֶת הַדִּבּוּר. וְאָמְנָם, מֻרְגֶּשֶׁת בַּמִּבְטָא, לְהוֹרוֹת יִחוּד יוֹתֵר, וְהוּא, שֶׁמֹּשֶׁה שָׁמַע וְכָל יִשְׂרָאֵל לֹא שָׁמְעוּ, וְדו”ק. מָצָאתִי(.

Lui parla La Torah utilise le mot « Elav » et non le mot « Imo » car cela induit une plus grande exclusivité, les sages de la Mishna se sont opposés pour savoir qui cela venait exclure, le premier avis de la Mishna pense    Que cela vient exclure Aharon, et même s’il entrait avec Moshé dans la tente d’assignation il n’entendait pas, mais Rabi Yéhouda a enseigné, que Aharon a été exclu par l’expression « El Moshé » « à Moshé » au même titre que les autres Israélites, et le mot « Elav » vient nous dire (une autre exclusion) que même lorsque la Torah dit explicitement que Hashem s’adresse à Moshé et à Aharon, malgré tout cela ne signifie pas qu’ils entendaient les deux mais qu’Hashem parlait à Moshé pour qu’il dise à Aharon, car La Tora contient treize « paroles » (diberoth) transmises à Moshé et à Aharon, « Hashem dit à Moshé et à Aharon », au regard desquelles figurent treize cas où Aharon est exclu, treize fois la Torah a insisté pour dire que la parole ne s’adressait qu’à Moshé. Cela t’apprend que même pour les treize fois où la Torah dit que D.ieu s’adresse à Moshé et à Aharon,  qu’elles n’ont pas été dites à Aharon, mais à Moshé pour qu’il les dise à Aharon. Et voici ces treize exclusions : « pour parler avec Lui » (Bémidbar 7, 89), « lui parlant » (ibid.), « il lui parlait » (ibid.), « je te rencontrerai » (Shémoth 25, 22). Elles sont toutes énumérées dans Torath Cohanim, où sont énumérées les treize exclusions et une d’entre elles est « Hashem lui parla » de notre verset. J’aurais pu penser qu’ils eussent tous entendu la voix de l’appel, même s’ils n’ont pas entendu (perçu) les mots de l’appel « Moshé, Moshé », malgré tout j’aurais pu penser qu’ils ont entendu le son de l’appel (sans distinguer les mots). Aussi le verset dit-il « il entendait la voix s’adresser à lui », le verset ne dit pas « la voix à lui » mais « la voix vers lui », ce qui signifie comme on l’a vu une exclusivité. C’est Moshé qui a entendu, et nul autre en Israël, et même pas le sont le l’appel.

 

מֵאֹהֶל מוֹעֵדמְלַמֵּד שֶׁהָיָה הַקּוֹל נִפְסָק וְלֹא הָיָה יוֹצֵא חוּץ לָאֹהֶל. יָכוֹל, מִפְּנֵי שֶׁהַקּוֹל נָמוֹךְ? תַּלְמוּד לוֹמַר: “אֶת הַקּוֹל”. מַהוּ הַ”קּוֹל”? הוּא הַקּוֹל הַמִּתְפָּרֵשׁ בִּתְהִלִּים: “קוֹל-ה’ בַּכֹּחַ, קוֹל ה’ בֶּהָדָר, קוֹל ה’ שֹׁבֵר אֲרָזִים”. אִם-כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר “מֵאֹהֶל מוֹעֵד”? מְלַמֵּד שֶׁהָיָה הַקּוֹל נִפְסָק. כַּיּוֹצֵא בּוֹ: “וְקוֹל כַּנְפֵי הַכְּרוּבִים נִשְׁמַע עַד הֶחָצֵר הַחִיצֹנָה”. יָכוֹל, מִפְּנֵי שֶׁהַקּוֹל נָמוּךְ? תַּלְמוּד לוֹמַר: “כְּקוֹל אֵל-שַׁדַּי בְּדַבְּרוֹ” אִם-כֵּן, לָמָּה נֶאֱמַר: “עַד-הֶחָצֵר הַחִיצֹנָה”? שֶׁכֵּיוָן שֶׁמַּגִּיעַ שָׁם, הָיָה נִפְסָק.

Depuis la tente d’assignation La parole était dite entre les deux chérubins et pas dans toute la tente (comme l’écrit Rashi dans le commentaire suivant), et donc pour quelle raison la Torah dit-elle « depuis la tente d’assignation » Cela nous apprend que la voix s’arrêtait et qu’elle ne se manifestait pas hors de la tente, et Moshé n’entendait la voix que lorsquil était dans la tente d’assignation et non à l’extérieur de celle-ci. J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi parce qu’elle était trop basse. Aussi est-il écrit : « Or, quand Moïse entrait dans la tente d’assignation pour que Dieu lui parlât, il entendait “la” voix » (Bémidbar 7, 89). De quelle voix s’agit-il ?le texte utilisant l’article défini (« la » voix), pour dire qu’il s’agit De celle dont il est question dans le livre des Téhilim : « “La voix” de Hachem éclate dans la force, “la voix” de Hachem éclate avec majesté, “la voix” de Hachem brise les cèdres » (Tehilim 29, 4). Dans ce cas, si la voix était forte, pourquoi est-il précisé : « depuis la tente d’assignation » ? et donc forcément était-elle entendue en dehors de la tente d’assignation Pour nous apprendre que la voix s’arrêtait miraculeusement et ne sortait pas en dehors de la tente. Il en est de même dans : « Et le bruit des ailes des chérubins s’entend jusqu’à la cour extérieure » (Ye‘hezqèl 10, 5). J’aurais pu penser qu’il en fût ainsi parce qu’elle était trop basse. Aussi est-il écrit : « Comme la voix de Qél Chaqqaï quand Il parle » (ibid.) et l’intention du verset est de parler de la voix de la parole du saint béni soit-Il qui parlait depuis le mont Sinaï. Dans ce cas, pourquoi est-il précisé : « jusqu’à la cour extérieure » ? Parce que, dès qu’elle y parvenait, elle s’arrêtait.

 

מֵאֹהֶל מוֹעֵד לֵאמֹריָכוֹל, מִכָּל הַבַּיִת? תַּלְמוּד לוֹמַר: “מֵעַל הַכַּפֹּרֶת”. יָכוֹל, מֵעַל הַכַּפֹּרֶת כֻּלָּהּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: “מִבֵּין שְׁנֵי הַכְּרֻבִים“.

Depuis la tente d’assignation en disant J’aurais pu penser : « depuis tout le Tabernacle », que la voix lui provenait de toute la tente. Aussi est-il écrit : « Or, quand Moïse entrait dans la tente d’assignation pour que Dieu lui parlât, il entendait la voix s’adresser à lui de sur le kaporeth (« propitiatoire ») » (Bamidbar 7, 89). J’aurais pu penser : « de sur tout le kaporeth ». Aussi est-il écrit : « entre les deux chérubins » (ibid.), et de là la voie était entendue dans toute la tente.

 

לֵאמֹר, צֵא וֶאֱמֹר לָהֶם דִּבְרֵי כִּבּוּשִׁים: ‘בִּשְׁבִילְכֶם הוּא נִדְבַּר עִמִּי’, שֶׁכֵּן מָצִינוּ, שֶׁכָּל ל”ח שָׁנָה שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר כִּמְנֻדִּים; מִן הַמְרַגְּלִים וְאֵילָךְ, לֹא נִתְיַחֵד הַדִּבּוּר עִם מֹשֶׁה, שֶׁנֶּאֱמַר: “וַיְהִי כַּאֲשֶׁר-תַּמּוּ כָּל-אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה לָמוּת… וַיְדַבֵּר ה’ אֵלַי לֵאמֹר” אֵלַי הָיָה הַדִּבּוּר. דָּבָר אַחֵר: צֵא וֶאֱמֹר לָהֶן דְּבָרַי וַהֲשִׁיבֵנִי, אִם יְקַבְּלוּם, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר: “וַיָּשֶׁב מֹשֶׁה אֶת-דִּבְרֵי הָעָם וְגוֹ‘”:

En disant Le mot « Lémor » « en disant », utilisé ici ne doit pas être interprété comme ailleurs, c’est à dire qu’il devait redire à Israël tout ce que Hashem lui avait dit, car cela est dit par la suite (au verset 2) « Parle aux enfants d’Israël et dit leur », et donc les sages ont expliqué que puisque c’est la première parole qui a été dite à Moshé dans la tente d’assignation et afin qu’ils ne le jalousent pas du fait qu’il a été le seul à être appelé dans la tente, aussi Hashem lui a-t-il dit  Va leur dire des paroles sévères : « C’est à cause de vous, pour votre mérite et à votre intention qu’Il me parle ! » Il se trouve que jamais, pendant les trente-huit années qu’Israël a passées dans le désert après avoir été rejeté à cause de la faute des explorateurs, la parole de Hachem ne s’est pas adressée exclusivement à Moshé, comme il est écrit : « Ce fut, quand ont pris fin tous les hommes de la guerre, pour mourir… » (Dévarim 2, 16), suivi de : « Hachem me parla en disant » (verset 17), comme pour marquer que « ce n’est qu’à ce moment-là qu’Il m’a adressé la parole », c’est à dire que la parole qu’Il lui a adressée était un signe qu’Il avait pardonné au peuple d’Israël, voilà donc que tout que qu’Il me dit est uniquement pour votre mérite, et donc il n’y a aucune raison de me jalouser. Autre explication : Va leur dire mes paroles et rends-moi compte de leur acceptation, et « lémor » « en disant » se rapporte au saint béni soit-Il, c’est à dire que Moshé reviendra dire la réponse des enfants d’Israël au Saint béni soit-Il, et il en fut ainsi, Moshé est revenu donner la réponse des enfants d’Israël au saint béni soit-Il comme il est écrit : « Moshé rapporta les paroles du peuple vers Hashem » (Shémoth 19, 8).

[1] Le mot « Eth » se rapporte à l’action de dire et non à celui qui est appelé tandis que lorsqu’il est mentionné celui qu’on appelle, « el » est utilisé, le mot « el » se rapporte à la personne qu’on appelle et non à l’action d’appeler.