Parashat Vay’hi – Itsik Elbaz

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Parachat Vay’hi- Itsik Elbaz

Leilouy nichmat Méir Barou’h Morde’hai Ben Miryam 

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Chacun, en fonction de sa bénédiction (Genèse 49 ; 28)   איש אשר כברכתו (בראשית מט’, כח’)                        

Dans cette Paracha qui clôture le premier livre de la Torah, Yaacov sent que sa disparition est proche et fait venir son fils Yossef, afin que celui-ci lui jure de l’enterrer au caveau familial de Makhpéla, auprès de ses pères, à Hevron. Il bénit les enfants de Yossef, en commençant par le plus jeune Ephraïm, puis bénit Ménaché l’ainé. Il bénit ensuite chacun de ses enfants séparément. Cette conduite, pour le moins inhabituelle pour quelqu’un qui sent sa disparition approcher et se doit d’économiser ses forces, nous amène à poser ces questions : (1) Pourquoi Yaacov décide de bénir séparément chacun de ses enfants ? (2) En quoi la bénédiction de Ménaché et Ephraïm est si particulière qu’elle a devancé, dans le récit, la bénédiction des propres enfants de Yaacov, et selon sa formulation il est d’usage de bénir ses enfants à l’entrée de Chabbat ?

 Yaacov au travers de ses actes, continue à nous enseigner de par son comportement, il n’hésite pas à réprimander Ruben, Chim’on et Lévi, sur leurs actions répréhensibles au cours de leurs vies. Yaacov, n’exprime ses reproches qu’à la fin de sa vie afin que ses enfants ne se révoltent pas et ne l’abandonnent pas pour rejoindre Essaw son frère, il apprend des actes de ses pères, lorsque Avraham réprimande Loth au sujet de ses troupeaux, ceux-ci se séparent et Loth se dirige vers la ville de Sedom. De plus, la réprimande de ces trois enfants leur tient lieu de bénédiction, car la réprimande bien constituée témoigne d’un amour réel du moralisateur envers son interlocuteur dont il voudrait voir un changement dans son comportement par volonté de le voir devenir meilleur.

 Mais aussi, Yaacov enseigne une grande leçon d’éducation. Il bénit chacun de ses enfants, chacun en fonction de sa bénédiction. Le Sforno enseigne qu’il leur a donné d’autres bénédictions, en fonction de leurs besoins, alors que le Or Ha’Haïm enseigne que Yaacov les a béni en fonction de leur essence et de leurs actes. Chaque enfant est unique, avec des défauts et des qualités, des traits de caractère et une personnalité propres à cet enfant. Yaacov aurait pu choisir de mettre tous ses enfants dans un même wagon de ‘béra’ha’ afin de s’épargner des forces, et pourtant, il choisit de ne pas emprunter le chemin facile et applique le verset (Proverbes 22, 6) « Eduque le jeune homme selon son chemin » sur ses douze enfants ! Car ses enfants sont tous les pièces d’un même puzzle, avec des formes et des couleurs différentes, mais dont l’assemblage indique sur la beauté de l’image, celle du Peuple Juif.

Sur cette même idée, on peut répondre à la seconde question concernant la bénédiction de Ménaché et d’Ephraïm, ici les circonstances de la bénédiction n’ont pas moins d’importance que la bénédiction elle-même ! Lorsque Yaacov mais sa main droite sur la tête du plus jeune, l’ainé Ménaché aurait pu protester et demander réparation. Et lorsque Yossef tente d’inverser ses mains, Ephraïm aurait pu lui demander de stopper son intervention. Là est la vraie bénédiction : deux frères qui préfèrent voir leur honneur bafoué, pourvu que son frère jouisse du plus grand bien possible. Savoir accorder à l’autre à son propre détriment, uniquement parce qu’il s’agit de son frère est encore une valeur qu’il nous faut apprendre et dont l’exemple inverse peut être compris d’après cette histoire (je ne sais pas si elle est véridique) drôle : Un jeune homme alla chez le coiffeur et s’extasiais sur son prochain voyage aux Etats Unis, où il prévoyait de visiter la Maison Blanche et espérer voir le président. Le coiffeur lui raconta que la compagnie qu’il avait choisi était médiocre, son hôtel miteux et qu’il n’avait pas la moindre chance de rencontrer le président. Un mois plus tard, le jeune homme retourna chez le coiffeur, lui raconta comment son vol avait été surclassé, comment son hôtel avait été refait à neuf et qu’il avait eu l’occasion de parler au président ! Au comble de la surprise, le coiffeur lui demanda ce qu’avait bien pu lui dire le président. Il répondit : « Mais qui est l’abruti qui t’a fait une coupe pareille !? »

 

מעלת הבושה מחטא

ברכות דף יב: “ואמר רבה בר חיננא סבא משמיה דרב כל העושה דבר עבירה ומתבייש בו מוחלין לו על כל עונותיו”.

ובמאירי כתב “כל העושה דבר ומתבייש בו מוחלים לו על אותו דבר, שהבושה שהאדם מתבייש על מה שחטא הוא יסוד החרטה, והחרטה הוא יסוד התשובה”.

La honte qui expie

Raba bar ‘Hinena Sabba nous livre un enseignement au nom de Rav dans le traité Béra’hot (12b) : « celui qui faute et qui par la suite en ressent de la honte, H.achem lui pardonne toutes ses fautes. »

Le Meiri précise qu’il s’agit d’une faute dont le pécheur a eu honte qui est expiée. En effet, il s’agit là de la première étape qui emmène l’homme à regretter, en ayant honte de son acte, une personne la regrette immédiatement. Or, nous savons que le regret est le principe fondamental de la Téchouva. Ainsi, une personne qui a un sentiment « de honte » vis-à-vis de la faute et qui la regrette est déjà sur le chemin de la Téchouva.

 

לישא זרע של צדיקים כדי לזכות לבנים צדיקים

ברכות דף י. “בימים ההם חלה חזקיהו למות ויבא אליו ישעיהו בן אמוץ הנביא ויאמר אליו, כה אמר ה’ צו לביתך כי מת אתה ולא תחיה וגו’, אמר ליה מאי כולי האי, אמר ליה משום דלא עסקת בפריה ורביה, אמר ליה משום דחזאי לי ברוח הקדש דנפקי מינאי בנין דלא מעלו, אמר ליה בהדי כבשי דרחמנא למה לך, מאי דמפקדת איבעי לך למעבד, ומה דניחא קמיה קודשא בריך הוא לעביד, אמר ליה השתא הב לי ברתך, אפשר דגרמא זכותא דידי ודידך ונפקי מנאי בנין דמעלו“.

S’unir à une famille dont les ancêtres sont des Justes afin que les enfants puissent par ce mérite êtres des Justes.

La Guémara (Béra’hot 10a) nous raconte la suite de la conversation entre le Prophète Yéshayaou qui vient d’annoncer au Roi Hiskiyaou que ses jours sont comptés car il n’a pas accompli la Mitsva de se marier et d’amener des enfants au monde, car celui-ci avait vu que ses enfants ne marcheraient pas dans Ses voies. Le Roi Hiskiyaou regrette alors d’avoir agi ainsi et propose au Prophète de lui accorder la main de sa fille en déclarant : « peut-être que ton mérite et le mien réuni donneront de bons enfants » nous apprenons de là qu’il est important de s’unir à de bonnes familles, afin que les enfants puissent par le mérite des ancêtres, bénéficier de leurs mérites et de devenir des Justes. (Par le Rav Yossi Guigui)

 

Etincelles de lumière

S’éloigner des honneurs

Le ‘Hafets ‘Haïm qui n’aimait pas les manifestations d’honneurs à son égard raconta l’histoire suivante : Dans un village, un homme ignorant se mit à apprendre par cœur les dates juives et le calcul des mois et des jours. Son expertise était telle que les villageois se mirent à l’appeler Rav, à tel point qu’il en fut convaincu. Un jour, il alla à Vilna rencontrer le Gaon de Vilna. En rentrant dans la Synagogue pour Minha, il fut dépité de voir toute l’assistance versée dans les textes de Torah et comprit alors son ignorance.

Les flèches du soldat

Le ‘Hafets ‘Haïm raconte la parabole suivante : Un soldat habile était archer lors d’une guerre du roi. Pendant la guerre, il demanda au Roi « Sire, je suis à court de flèches, puis-je utiliser celles que les villageois me fabriqueront ? » Le monarque accepta, et ils sortirent victorieux du combat. Le roi, en plus de récompenser le valeureux soldat, loua les villageois de l’aide précieuse qu’ils lui avaient prodigué. D’où l’importance, pour celui qui ne peut étudier, de soutenir ceux qui contribuent à l’étude de la Torah et aux bonnes actions.