Parashat Tétsavé – Itsik Elbaz

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Parachat Tétsavé – Itsik Elbaz

Leilouy nichmat Méir Barou’h Morde’hai Ben Miryam

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ואתה תדבר אל כל חכמי לב (שמות כח’,ג’)

Et tu parleras à tous les sages du cœur (Exode 28 ; 3)

Dans cette Paracha, H.achem ordonne à Moché de trouver des individus aptes à confectionner les habits des Cohanim (prêtres), et de tailler les futurs ustensiles du Temple. Mais la condition essentielle que réclame H.achem, n’est pas de trouver les artisans les plus professionnels, ou encore les plus humbles et les plus saints, mais de trouver des personnes sages de cœur ! Ce verset peut nous laisser perplexe quant au sens de cette expression. Plusieurs questions s’offrent à nous ;

(1) Qu’est-ce que la sagesse du cœur ?

(2) Comment l’obtient-on ?

(3) Pourquoi ce critère prime-t-il sur tous les autres ?

(4) N’est-il pas paradoxal d’avoir une sagesse du cœur, sachant pertinemment que le cerveau est le maitre des émotions et des réflexions (et non pas le cœur) ?

Depuis déjà bien longtemps, l’Homme sait que le cerveau est le centre du contrôle des sentiments et des pensées logiques, alors que le cœur est un muscle ayant pour office principal de pomper le sang vers les différents organes humains. En revanche, il permet d’acheminer l’oxygène contenu dans le sang vers le cerveau (qui représente 2% du corps humain en poids mais 20% en demande d’oxygène !). Le cerveau, à son tour, envoie l’ordre au cœur de pomper du sang riche en oxygène pour continuer ce cycle : Le cœur et le cerveau sont donc intrinsèquement liés.

La sagesse du cœur est la condition primordiale à l’accomplissement du commandement que H.achem ordonne à Moché, car les vêtements et outils spéciaux que requiert le Temple ne peuvent être faits par tout un chacun, aussi professionnel et habile soit-il. Seulement, il s’agit de sensibiliser le peuple et de les avertir que seul un homme doué d’un esprit spécialisé pourra accomplir cette tâche spécialisée.

Mais d’après le Talmud (Bérahot 55), « Le Saint Béni soit-Il ne donne la sagesse qu’à celui qui possède déjà la sagesse ». Alors d’où vient la première sagesse que l’on reçoit ? demande le Torah Témima.

Sa réponse nous permet de comprendre comment acquérir cette sagesse ; si la personne a le potentiel d’avoir la sagesse (si elle se démène, si elle la réclame auprès d’H.achem dans ses prières …), alors Il lui donnera la sagesse.

Il est relaté dans le Livre des Rois, au sujet du Roi Salomon, le plus sage de tous les hommes, le cas d’un rêve. Dans son rêve, H.achem lui apparait et lui propose d’exaucer un des trois souhaits suivants : La longévité, la victoire sur ses ennemis ou la richesse. Mais le Roi refuse et demande un cœur sage (Rois 3 ; 12) pour guider et juger son peuple avec équité. Pour sa juste réponse, H.achem lui octroya également la richesse et les honneurs qu’aucun autre Roi d’Israël n’a pu avoir. Il reçut une plus grande sagesse que parce qu’il avait démontré une grande aspiration à elle.

Cette sagesse s’obtient au prix d’efforts dans notre étude et dans notre prière, ce qui nous amène à la confiance et à la crainte de D.ieu, comme il est dit « Les prémices de la sagesse, c’est la crainte de D.ieu », et qui constitue la véritable sagesse du cœur, selon le Natsiv de Wologine.

La Guémara (Niddah 70a) demanda à Rabbi Yehoshoua : « Que doit faire l’homme afin de devenir sage ? » Il répondit : « Pour cela, il faut prier Celui à qui la sagesse appartient, ainsi qu’il est dit : « H.achem octroie la sagesse, et de Sa bouche émane la connaissance et l’intelligence. » Par notre prière et notre étude, qui sont liés aussi bien que le cœur est lié au cerveau, l’on aspirera à l’obtention de cette sagesse du cœur.

לא יהיה אדם בטוח בצידקותו, אלא תמיד יתחזק בעבודת ה

ברכות דף ד. “לדוד שמרה נפשי כי חסיד אני וכו’, ודוד מי קרי לנפשיה חסיד, והכתיב לולא האמנתי לראות בטוב ה’ בארץ חיים, ותנא משמיה דרבי יוסי למה נקוד על לולא, אמר דוד לפני הקדוש ברוך הוא רבונו של עולם, מובטח אני בך שאתה משלם שכר טוב לצדיקים לעתיד לבוא, אבל איני יודע אם יש לי חלק ביניהם אם לאו, שמא יגרום החטא”, ובמאירי שם כתב “אעפ שידע אדם בעצמו שהוא חסיד, לא יהא בטוח בעצמו על כך עד שיתרשל בתפלה וצדקה וגמילות חסדים, אלא לעולם יראה את עצמו כחוטא וכשוגג לפני הקב”ה ית’ ויתירא תמיד מן העונש הן מעונשי העולם הזה הן מעונשי העולם הבא. והלא דוד קרא עצמו חסיד ואמר שמרה נפשי כי חסיד אני, ואעפ”כ אמר לולי האמנתי לראות בטוב ה’ בארץ החיים וכו’, אם דוד שהפליג בתשובה כך, אנו שלא הגענו לחצי גדרים הצריכים לה על אחת כמה וכמה”.

Le regard que l’on doit porter sur son niveau spirituel

Dans le Traité Béra’hot (4a), le Roi David évoque sa propre grandeur dans le verset « שמרה נפשי כי חסיד אני » (Tu as gardé mon âme car je te suis pieux Psaumes 86 ; 2), mais pourtant, il rédigea dans les Psaumes un autre verset : « לולא האמנתי לראות בטוב ה’ בארץ החייים וכו’ » (Psaumes 27 ; 13), duquel Rabbi Yossi explique que le Roi David doutait de mériter du monde futur (en allusion à sa faute envers Ouri le Hittéen, l’ancien mari de Bethsabée (Bath-Shéva).A ce propos, le Talmud enseigne que toute personne disant que David a fauté avec Bath-Shéva se trompe) ! En effet, David s’adresse à H.achem dans ces termes : « Créateur du monde, je suis convaincu que tu récompenses les justes dans le monde futur, seulement je ne sais pas si j’ai ma place parmi eux… (!) ». Le Meiri commente : Même si un homme est conscient de sa grandeur, il ne doit jamais être aussi sur de lui, et doit constamment se renforcer dans la prière, la Tsédaka et les actes de charité. Il ne devra pas se considérer comme un Tsadik devant H.achem mais devra constamment craindre la punition, tel un fauteur. Ainsi, David s’exprime dans les deux versets sans nullement se contredire, il connaissait sa grandeur et cela ne l’a pas empêché d’émettre un doute quant à sa place au monde futur. Le Meiri conclut sur une leçon importante : Si le Roi David qui avait déjà reconnu sa faute et s’était déjà repenti se considérait comme un fauteur, alors nous, qui ne sommes pas arrivé à un repenti comparable à David, comment devrions nous se considérer ? (Par le Rav Yossi Guigui).

שמירת הלשון Adar 13 -19 Adar

  • 13 Adar – Il est préférable d’empêcher une personne de commérer en changeant de sujet avec tact puis ensuite de la réprimander en privé, plutôt que de lui causer un embarras, lorsque ces commérages se font en présence de tiers.
  • 14 Adar – S’il est impossible de faire taire l’orateur sur ses commérages, il serait judicieux de s’en aller. S’il n’est pas possible d’agir ainsi, le mieux est de ne pas prêter attention à ses propos et d’aborder un faciès montrant sa désapprobation vis-à-vis de son discours.
  • 15 Adar – Il faudra éviter dans la mesure du possible de rechercher la présence d’individus ayant un penchant aux commérages, ou dans une certaine mesure de s’en préserver à l’aide de changements de sujet.
  • 16 Adar – De même qu’il n’est pas interdit de dire du lachone ara constructif, il ne sera pas interdit d’écouter lesdits propos si l’on pense sincèrement qu’il s’agit de propos constructifs.
  • 17 Adar – Si une personne rapporte du lachone ara constructif malgré elle (sans qu’elle s’en rende compte), il est nécessaire de l’en avertir et de lui expliquer à quel point les informations qu’il divulgue sont au nom de la Mitsva afin de l’empêcher de dire du lachone ara. Même si cette personne vient après que l’orateur a commencé a raconté, cela ne constituera pas une faute dans la mesure où on aura expliqué aux différents interlocuteurs le côté positif à dire ou écouter du lachone ara constructif.
  • 18 Adar – Il est possible de solliciter une information d’un tiers, s’il s’agit d’un lachone ara constructif, en précisant bien entendu, que ce que l’on demande est autorisé par la Hala’ha. Bien évidemment, il sera défendu d’écouter plus que l’information strictement nécessaire.
  • 19 Adar – Il est possible d’écouter des commérages dans d’autres cas que celui du lachone ara constructif. Par exemple, une oreille secourable envers les souffrances que pourrait raconter un tiers. Aussi, il est faisable d’écouter un commérage, afin d’aider l’orateur à comprendre que ses interprétations sont erronées.