Parashat Mishpatim – Itsik Elbaz

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Parachat Mishpatim – Itsik Elbaz

Leilouy nichmat Méir Barou’h Morde’hai Ben Miryam 

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מדבר שקר תרחק (כג’, ז’)

De la parole mensongère, tu t’éloigneras (Exode 23; 7)      

                                                

Cette Paracha, la 18ème de l’année, nous édicte les règles de vie (חי en hébreu et dont la valeur numérique est 18, tout comme notre Paracha) en communauté, quelles lois sont les piliers d’une vie saine au cœur même de notre société. Bien entendu, il est cas de plusieurs types de lois. Les lois relatives aux dédommagements, aux types de violences envers son prochain ou ses biens financiers, les lois de Chabbat, de Chémita (jachère), des fêtes… Au final, il y a 53 injonctions différentes dans cette paracha.

 

Et au milieu de tout cela, comme une sorte de conseil, la Torah vient nous apprendre qu’il faut s’écarter du mensonge. Il s’agit du seul cas de la Torah où l’on nous met en garde en nous disant de ne pas se rapprocher d’une transgression. A tel point que le Sefer Ha’Hassidim nous enjoint de d’accompagner nos réponses négatives ou positives par un signe de la tête, car les membres de notre corps évoquent nos ressentis profonds.

 

Alors pourquoi s’agit-il d’une prescription et non pas d’un ordre clair et concis, comme la Torah nous l’ordonne dans la Parachat Kedochim (Vayikra 19 ; 12) « Vous ne mentirez pas » ?

 

Il faut savoir que les sentiers du mensonge sont variés, tout autant que les desseins de leurs objectifs. En effet, le mensonge peut prendre une forme tout à fait anodine, le Talmud déclare (Chavouot 31b) qu’il ne faut pas qu’un homme se dise « Puisque l’on m’a emprunté 500euros, je n’ai qu’à dire que l’on me doit 1000euros, et alors l’on me restituera mon bien », bien que cet homme ne voulait que s’assurer qu’on lui remette son dû, et n’avait en aucun cas le but de s’approprier des richesses ne lui appartenant pas, il s’agit d’un mensonge et même s’il ne cause aucun tord ou dommage à quiconque, il faudra s’en écarter.

 

Le Rambam (Maimonide) précise dans son introduction au Sefer HaMitsvoth qu’il a volontairement omis de nommer plusieurs mitsvoth intentionnellement, car il s’agit de mitsvoth qui, de par leur importance, englobent toutes les mitsvoth de la Torah à la fois (c’est pour cela que d’après le Rambam, l’étude de la Torah n’est pas une mitsva en soi, mais le cumul de toutes les injonctions prescrites par la Torah). Ainsi en est-il concernant le mensonge ; il faut nous en éloigner car ce domaine touche toutes les différentes situations de notre vie et englobent de manière générale, la qualité et la teneur de notre morale. Une vie emplie de mensonges (mêmes les plus inoffensifs et qui ne causent aucun mal) est en soi une vie qui ne tend pas à la vertu.

 

De la même manière, si l’on s’évertue à ne rechercher que la vérité, il s’ensuit que notre mode de vie tout entier se trouve transformé. Un jour, un homme rendit visite à un Rav, le priant de l’aider à faire Techouva. Le Rav l’informa qu’il devait avant toutes choses, observer la mitsva de s’éloigner du mensonge. Satisfait de voir que la première étape de son repentir s’avérait relativement simple, il promit qu’à l’avenir il ne dirait rien que la vérité. Il quitta la maison du Rav et partit s’adonner à son activité habituelle : voler les passants. Alors qu’il s’apprêtait à commettre ses méfaits, un homme lui demanda où il se dirigeait. Ayant promis de dire toute la vérité, il dit au passant qu’il s’apprêtait à commettre un vol ! Quelques minutes plus tard, un autre homme le questionna et il réitéra sa réponse. Puis, il se dit : « Il se pourrait que ces deux hommes témoignent contre moi, je ferais donc mieux de ne pas m’aventurer à voler… »

 

 

ראוי לשפוך תחנה על חורבן הבית

ברכות דף ג. “דתניא רבי אליעזר אומר שלש משמרות הוי הלילה, ועל כל משמר ומשמר יושב הקדוש ברוך הוא ושואג כארי, שנאמר ה’ ממרום ישאג וממעון קדשו יתן קולו שאוג ישאג על נוהו וכו'”, ובתוספות הרא”ש שם כתב “דהקב”ה יושב ושואג, וראוי לו לאדם שיהא מיצר ודואג באותם שעות ולשפוך תחנה על חורבן ביהמ”ק, כמו שנאמר קומי רוני בלילה לראש אשמורות”.

 

Verser des larmes pour l’exil.

Le Talmud (bera’hot 3a) nous raconte qu’ Hachem lui-même pleure la destruction du Temple, ainsi qu’il est écrit : « Rabbi Eliezer dit : la nuit est composée de trois séquences, et, dans chacune d’elles, le Saint Béni soit-Il rugit comme un lion, comme il est dit « ה’ ממרום ישאג על נוהו וכו‘ ». Le Rosh ajoute qu’il est propice de faire de même et de se lamenter sur l’exil précisément les heures de la nuit, comme le dit le verset « קומו רוני בלילה לראש אשמורות ».

 

ענוה בהוראה

ברכות דף ד. “לדוד שמרה נפשי כי חסיד אני וכו’, כך אמר דוד לפני הקדוש ברוך הוא רבונו של עולם לא חסיד אני, שכל מלכי מזרח ומערב יושבים אגודות אגודות בכבודם, ואני ידי מלוכלכות בדם ובשפיר ובשליא כדי לטהר אשה לבעלה. ולא עוד אלא כל מה שאני עושה אני נמלך במפיבשת רבי, ואומר לו מפיבשת רבי יפה דנתי, יפה חייבתי, יפה זכיתי, יפה טהרתי, יפה טמאתי, ולא בושתי”.

 

L’Humilité du Dayan (juge rabbinique)

(Bera’hot 4a) Le roi David s’adresse à Hachem dans ces termes : “שמרה נפשי כי חסיד אני“.

En effet, explique David, « les rois du monde s’assoient sur leur trône et profitent de leur gloire. Quant à moi, mes mains « se salissent » pour vérifier et trancher de la pureté des épouses pour leur mari (en vérifiant les taches de sang qui lui étaient amenées).

 

Et plus encore, je concerte continuellement  Mefibochet,  mon Rav, en le questionnant sans cesse : « Ais je bien jugé? Ais je bien tranché? Ais je bien permis ou interdis? » Et je n’ai pas honte. » Quand bien même, sa condition de roi ne l’a pas empêché de se considérer comme un humble serviteur auprès de son Créateur, comme il le dit dans Psaumes (22 ; 7) : «  Et moi je suis un ver de terre et non un homme ». A plus forte raison, nous, qui n’atteignons pas la gloire du roi David, devrions-nous en tirer une belle leçon d’humilité. (Par le Rav Yossi Guigui)

 

 

שמירת הלשון 29 Chevat -5 Adar

 

  • 29 Chevat – Il n’est pas permis d’avertir un tiers des paroles dites sur lui si un dommage quelconque en résultera, ou si le tiers cherchera à se venger.
  • 30 Chevat – Si l’on sait que publier un lachone ara constructif qui va faire changer (en bien) une personne (du fait de la pression sociale), il sera permis d’agir. En revanche, si ces informations risquent de créer de l’animosité entre deux personnes, il est nécessaire de garder la paix entre deux personnes et cette priorité a préséance devant le lachone ara constructif.
  • 1er Adar – Il est interdit d’utiliser une information de seconde main (une information rapportée) pour exercer une pression sociale sur un individu ou pour faire un lachone ara constructif. Il est obligatoire d’être témoin pour agir de la sorte.
  • 2 Adar – Il est de notre devoir de rapporter l’exactitude des faits et de ne pas juger favorablement son prochain, si ce jugement de valeur peut porter préjudice à un tiers.
  • 3 Adar – Si une personne transgresse régulièrement une certaine faute, et que l’on ne veut pas que d’autres l’imitent, il est évident qu’il faut le réprimander à ce propos. Mais il n’est pas nécessaire de publier son mauvais comportement si l’on peut le convaincre de s’améliorer.
  • 4 Adar – Il est interdit de calomnier quel que soit le cas de figure.
  • 5 Adar – Il est interdit de révéler un secret, mais si ce secret est de nuire à autrui, alors il sera permis de le dévoiler.