Parashat Miquets – Itsik Elbaz

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Parachat Mikets – Itsik Elbaz

 

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Le rêve de Pharaon est un (Genèse 41 ; 25) חלום פרעה אחד הוא (בראשית מא’, כה’)                                      

 

Deux ans se sont écoulés depuis que Yossef a interprété les rêves du maitre échanson et du maitre panetier, et Pharaon lui-même reçoit deux songes dans la même nuit, qui le troublent grandement. Ces conseillers et savants ne pouvant lui apporter une interprétation satisfaisante, il fait quérir à Yossef. Celui-ci énonce que les deux rêves de Pharaon ne sont en fait qu’un même rêve, identique. Après avoir donné une exégèse conforme aux attentes du monarque, il se permet de donner un conseil à Pharaon, en lui disant de placer un homme avisé à la tête de son administration, afin que le pays survive aux sept années de famine qui s’abattront sur elle. Sur ce passage, plusieurs questions :

(1) Pourquoi Yossef dit qu’il n’y a qu’un seul rêve, si Pharaon a eu deux songes ?

(2) En admettant qu’ils se ressemblent ou soient identiques, pourquoi y-a-t-il eu deux rêves et quelle nouveauté a pu apporter le second ?

(3) Comment Yossef a-t-il pu se permettre de donner un conseil à Pharaon, alors que celui-ci n’a demandé qu’une interprétation et non un conseil ?

(4) Yossef, rapporte le Midrach, fut puni pour avoir accordé sa confiance au maitre échanson, et pourtant, on dit de lui qu’il est l’archétype de la confiance en H.achem, comme on le voit dans Psaumes (40 ; 5) « Heureux l’homme qui place sa confiance en H.achem » ?

 

Pharaon, dont les deux rêves sont relatés, suivent le même ordre logique, il y voit sept vaches belles et bien portantes se tenir au bord du Nil, puis sept autres vaches chétives et maigres sortent du fleuve et avalent les premières vaches. Même récit pour les sept épis flétris qui avalent les épis riches et grenus. Mais lorsque Pharaon raconte à Yossef ses rêves, il y apporte un changement : Dans le premier rêve, les vaches qui absorbent leurs congénères restent tout aussi maigres qu’avant leur ingestion, et ce fait n’est pas énoncé dans le second rêve. Yossef alors explique à Pharaon, non pas que les deux rêves sont identiques, mais que ses rêves ne font qu’un, à l’instar des deux faces d’une pièce de monnaie. Les deux rêves sont les deux alternatives que Pharaon a, car comme le rapporte le Or Ha’Haïm, l’abondance a été décrétée seulement sur l’Egypte alors que la famine a été décrétée pour le monde entier. A lui de voir si l’abondance qui a été octroyée sur son pays sera vite oubliée par la famine (comme les vaches maigres sont restées maigres même après avoir avalé les vaches grasses) comme le décrit le Ramban, ou si l’abondance va lui permettre de subsister et de survivre à la famine (car les épis, dans le second rêve, ne sont pas restés flétris après avoir absorbé les premières tiges).

Ainsi, il est naturel que Yossef donne son avis, et cela pour deux raisons : La première, du verset (Genèse 41 ; 33) « Et maintenant, que Pharaon choisisse un homme sage et érudit » qui peut se lire sous forme de dialogue. En effet, et maintenant ? constitue la question de Pharaon qui est subjugué par la supériorité de Yossef et demande son avis à celui qui a su donner une explication claire aux rêves de Pharaon. Aussi, le traité Roch Hachana (11a) explique que Yossef fut libéré à Roch Hachana, date à laquelle l’on décide du sort de l’homme pour l’année à venir. Ici, Yossef prend son destin en main et voit sa délivrance arriver, il donne son avis afin de matérialiser ses rêves.

Yossef est l’archétype de la confiance, et ce qui a pu être considérée comme une faute pour lui est en fait une preuve de foi pour nous, à l’exemple d’une histoire du Noam Elimélé’h. Un jour, celui-ci paraissait triste et troublé. Lorsque ses élèves lui en demandèrent la raison, il répondit qu’il avait fauté en parlant pendant Hodou (passage dans la prière du matin). Il raconta qu’au début de la prière, un homme était venu le voir en lui demandant de prier pour sa femme en train d’accoucher, il demanda alors le nom de la mère et les bénit. Non seulement, il n’y a pas de faute à parler pendant Hodou (se trouvant avant Baroukh Chéamar) mais en plus ses paroles étaient destinées à sauver une vie. Son erreur serait sans aucun doute pour nous un Mitsva !

 

להזהר לקיים כל המצוות בהידור

שבת דף כג: “אמר רב הונא הרגיל בנר הויין ליה בנים תלמידי חכמים, הזהיר במזוזה זוכה לדירה נאה, הזהיר בציצית זוכה לטלית נאה, הזהיר בקידוש היום זוכה וממלא גרבי יין”.

 

ובמאירי שם כתב “לעולם יהא אדם זריז לקיים את המצות ובקלה כבחמורה שאינו יודע מתן שכרן של מצות, ומ”מ יהא לבו סמוך שאין השם מקפח שכר כל בריה ושמדתו לשלם מדה כנגד מדה, דרך הערה אמרו הרגיל בנר חנוכה דרך חבוב מצוה ובהערה מפורסמת הויין לו בנים תלמידי חכמים לקיים עליו נר מצוה ותורה אור, הרגיל במזוזה זוכה לדירה נאה, הזהיר בציצית זוכה לטלית נאה, הזהיר בקידוש היום זוכה וממלא גרבי יין, וכל אלו מדה כנגד מדה וכל עוד שמרבה במצות שכרו מתרבה”.

 

H.achem récompense Mesure pour Mesure

Rav Ouna nous enseigne dans le traité Chabbat 23b : « celui qui allume les bougies de Chabbat et Hanoukka aura le mérite de mettre au monde des enfants érudits. Celui qui est vigilant dans l’accomplissement de la Mitsva de Mezouza aura le mérite d’avoir une belle maison. Celui qui accomplit la Mitsva de Tsitsit scrupuleusement méritera un bel habit, et enfin, celui qui accorde son importance au Kidoush du matin s’enrichira.

Le Meiri commente sur place : « il faut être vigilant à donner de l’importance à toutes les Mitsvot, les plus courantes comme les plus importantes, car nous ne connaissons pas la récompense qui est accordée pour chacune. Quoi qu’il en soit, nous devons toujours avoir confiance que H.achem reparti les mérites de chacun avec une infinie justesse et qu’Il le fait selon le modèle de Mesure pour Mesure. La récompense est en quelque sorte calquée et elle découle directement de notre action.

Ainsi, celui qui accomplit la Mitsva des bougies de Chabbat et Hanoukka avec amour se verra récompensé par une descendance d’érudits car le verset dit « La bougie est une Mitsva et la Torah une lumière » (Proverbes, 6 ; 23), si tu accomplis la Mitsva de la bougie, la Torah éclairera, par la Torah de tes enfants. De même pour la Mezouza à la porte de la maison, des Tsitsit qui sont reliés au vêtement et au Kidoush qui est fait sur du vin et qui amène la richesse.

 

 

Etincelles de lumière

La prière du ‘Hafets ‘Haïm

On posa un jour la question au gendre du ‘Hafets ‘Haïm, le Rav Tsvi Hirsch Lévinson, pourquoi priait-il à voix haute en faisant de grands et nombreux mouvements, alors que le ‘Hafets ‘Haïm priait lui-même à voix basse et pratiquement sans remuer ?

Celui-ci répondit par la parabole suivante : Une fois, deux personnes tombèrent dans les eaux profondes et dangereuses d’un fleuve, parmi ces deux personnes, l’une savait nager et l’autre non. Celui qui savait nager, fit quelques mouvements calmes, en évitant tout geste superflu, et, en nageant calmement regagna la rive. Par contre, celui qui ne savait pas nager remuait en tous sens, se débattant afin d’éviter de se noyer, tout en hurlant pour que quelqu’un daigne le secourir.

Il en est de même pour le ‘Hafets ‘Haïm, les pensées profondes de la prière lui sont familières et il prie dans le calme, alors que moi, je me démène pour ne pas que mes préoccupations journalières et les pensées étrangères ne m’envahissent et ne me submergent alors que je suis en train de prier.