Parachat Vayqra – Itsik Elbaz

Parachat Vayqra – Itsik Elbaz

163
0
SHARE

Parachat Vayqra – Itsik Elbaz

Leilouy nichmat Méir Barou’h Morde’hai Ben Miryam

Pour télécharger le fichier correspondant : Parachat Vayikra – Itsik Elbaz

 

אדם כי יקריב מכם קרבן (ויקרא א’, ב’)     

Un homme qui approchera d’entre vous un sacrifice (Lévitique 1 ; 2)

 

La première Paracha du Livre de Vayikra, livre concernant presque exclusivement le service du Temple et les Prêtres en général, nous parle d’entrée de jeu des sacrifices que l’on doit approcher au Temple. Rashi, commente le verset des sacrifices en nous parlant du vol ; il explique que le mot אדם, (l’homme) n’est pas le terme usuel employé par rapport au mot איש, plus abondement utilisé pour parler de l’homme en général. Cette spécificité induit une référence à Adam, et que son premier sacrifice n’était pas le fruit du vol, alors nous ne devons pas approcher de sacrifice ayant été volé. Mais ce verset nous apporte plusieurs questions : (1) Pourquoi Rashi veut-il nous parler du vol ? (2) La logique aurait voulu dire « Un homme d’entre vous qui approchera », alors pourquoi le mot מכם est décalé par rapport à sa place dans la phrase ? (3) Pourquoi la Torah s’est obstinée à utiliser le mot אדם ? (4) Pourquoi utilise-t-on le terme d’approcher en parlant de sacrifice ?

 

 Lorsqu’un homme commet un acte répréhensible, il se doit de se racheter. Comment ? Le Talmud de Jérusalem explique dans le traité Makot (II) : On posa la question à la logique, que doit faire un fauteur ? Elle répondit « Celui-ci doit mourir, de la même manière qu’on est brulé par le feu, même en posant par inadvertance sa main dessus ». On posa la question à la Torah, « Il apportera un sacrifice et il lui sera expiatoire ». Au Saint Béni Soit-t-Il : « Il se repentira et il lui sera pardonné ». Un homme s’il revient à lui, sera pardonné. Mais la notion de sacrifice nous explique que l’on doit donner de nous lorsqu’il s’agit de nous faire pardonner. Le repentir doit venir du fond de l’âme, mu par une réelle volonté de se racheter. C’est pour ça qu’un homme qui veut se racheter doit apporter un sacrifice matériel, mais aussi un sacrifice de sa propre personne, d’entre lui !

 

Il est écrit dans la traité Baba Métsia (114b) : « Vous [les Juifs] êtes appelés אדם, (homme) et les non-juifs ne sont pas appelés homme. » Le Rav Yehouda Meir Shapira, créateur du Daf HaYomi, répondit un jour à une accusation d’un ministre polonais antisémite ayant pour thème ce passage Talmudique ; il expliqua alors : « Le peuple juif est unique, de par son histoire, de par son héritage et de par son mode de vie. Or le mot אדם est le seul mot signifiant homme qui ne possède pas de déclinaisons au pluriel. Nous sommes spécifiques et uniques et la pluralité des peuples ne s’applique pas à nous. » Seule cette particularité nous permet de comprendre pourquoi utilise-t-on le mot approcher pour un sacrifice.

 

Les mots des autres langues pouvant signifier le sacrifice sont divers (tribute en anglais, sacrifice en français…) mais tous indiquent la notion de perte d’un objet matériel au profit d’autre chose. Seul le mot  קרבן permet de comprendre la réelle signification de tout cela, c’est un instrument servant à approcher la créature de son Créateur, lui permettant le rapprochement avec la personne qu’elle était avant sa faute.

 

Deux associés allèrent voir un jour le Rav Meir Premyshlian pour demander une bénédiction dans leur nouvelle entreprise. Celui-ci leur demanda s’ils avaient rédigé un contrat d’associés. Ils répondirent que non alors le Rav se proposa pour le leur écrire. Il sortit un parchemin neuf et y inscrivit א’ ב’ ג’ ד’.

 

Les associés, interdits, lui demandèrent la signification de ce contrat si spécial.

Il déclara : Ces lettres représentent la clé de la réussite dans votre entreprise : אמונה ברכה גניבה דלות. (En français : Confiance Bénédiction Vol Appauvrissement.) Lorsque deux personnes travaillent ensemble, s’il existe une confiance mutuelle, il est évident que l’affaire prospérera. Mais si le vol (que ce soit matériel ou de confiance) règne, alors il ne faut pas s’étonner de voir les affaires péricliter et de s’appauvrir considérablement.

 

לשמוח על חלקו בתורה

ברכות דף ה: “רבי אלעזר חלש [חלה], על לגביה רבי יוחנן וכו’ [רבי יוחנן הלך לבקרו], חזייה דהוה קא בכי רבי אלעזר [ראה שרבי אליעזר היה בוכה], אמר ליה אמאי קא בכית [מדוע אתה בוכה], אי משום תורה דלא אפשת [וברש”י שם כתב “אי משום תורה שלא למדת הרבה כרצונך“], שנינו אחד המרבה ואחד הממעיט ובלבד שיכוין לבו לשמים”.

 

Se réjouir de sa part d’étude de Torah.

Le traité Béra’hot (5b) raconte  qu’un jour Rabbi Eliezer était souffrant et reçut la visite de Rabbi Yo’hanan. Celui-ci le trouva en train de pleurer et il lui demanda alors: “Pourquoi pleures-tu? Est-ce parce que tu n’as pas étudié autant de Torah que tu le désirais? Tu peux te rassurer, qu’un homme ait pu étudier, beaucoup ou peu, l’essentiel est qu’il le fasse dans un désintérêt complet.

 

אם אירע הפסד לאדם -יפשפש במעשיו

ברכות דף ה: “רב הונא תקיפו ליה ארבע מאה דני דחמרא, על לגביה רב יהודה אחוה דרב סלא חסידא ורבנן, ואמרי לה רב אדא בר אהבה ורבנן, ואמרו ליה לעיין מר במיליה, אמר להו ומי חשידנא בעינייכו, אמרו ליה מי חשיד קודשא בריך הוא דעביד דינא בלא דינא“. ובמאירי שם כתב “אחד מן החכמים השיגהו הפסד, והפצירוהו חבריו לפשפש במעשיו, וכשאמר להם מי חשידנא בעינייכו דעבידנא מילתא דלאו דינא, השיבוהו ומי חשיד קודשא בריך הוא דעביד מילתא דלאו דינא, ומ”מ יגע ומצא ושב ורפא לו ונשתלם בדמי נזקו“.

 

Se remettre en question suite à une perte financière.

Il est raconté dans le traité Béra’hot (5b) que Rav Houna découvrit un jour que ses quatre cents tonneaux de vin avaient tourné au vinaigre. Devant cette immense perte financière, les Sages lui conseillèrent d’examiner ses actions antérieures. Peut-être aurait-il fauté d’une manière ou d’une autre et aurait-il mérité ceci? Rav Houna rétorqua: “me soupçonnez-vous d’être un fauteur?”, ce à quoi ils lui répondirent: “serait-il plus logique de soupçonner H.achem, qui est si juste, de punir sans raison?!” Effectivement, il se remit en question et ses soucis financiers se sont finalement arrangés.

Nous apprenons qu’il est quelques fois nécessaire d’analyser nos actions et comprendre qu’il ne nous arrive rien sans raisons préalables. (Par le Rav Yossi Guigui)

 

 

שמירת הלשון 5 Nissan -11 Nissan

 

  • 5 Nissan – Il est interdit de dire qu’une personne a mauvais caractère ou un caractère neutre mais considéré comme péjoratif par les interlocuteurs. Il est aussi interdit de dire que quelqu’un a un caractère moyen, car le mot moyen en soi est considéré comme péjoratif par la grande majorité.
  • 6 Nissan – Il est défendu de parler sur les habitudes (vestimentaires, par exemple) de quelqu’un, si les interlocuteurs méprisent les personnes ayant ces habitudes.
  • 7 Nissan – Exprimer ses préférences, (je n’aime pas le chocolat), n’est en aucun cas du lachone ara. Il sera donc permis de dire « je n’aime pas le style de ce chanteur », sauf si, bien entendu, l’on sous-entend que le concerné n’est pas digne d’attention.
  • 8 Nissan – Il est défendu de parler du passé d’une personne, même si celle-ci s’est repentie depuis. Il n’y a rien de méprisable de s’être repenti. Et il est interdit de dire qu’un tiers est un repenti si les interlocuteurs considèrent ceci comme méprisable.
  • 9 Nissan – Il est interdit de dire qu’une personne possède un défaut même si l’on souligne que l’on possède aussi ce défaut. Aussi il sera interdit de dire du lachone ara sur les gens qu’on aime.
  • 10 Nissan – Il est interdit de tenir des propos péjoratifs sur quelqu’un, même si celui-ci a affirmé que cette attitude à son égard ne le dérangeait pas.
  • 11 Nissan – Il est interdit de rapporter du lachone ara, même si celui-ci est de notoriété publique (ou même relié par la presse).