La mort de Ra’hel, adapté du Ma’hsof Halavan du Abir Ya’akov, Parashat...

La mort de Ra’hel, adapté du Ma’hsof Halavan du Abir Ya’akov, Parashat Vayé’hi

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La mort de Ra’hel, adapté du Ma’hsof Halavan du Abir Ya’akov Parashat Vayé’hi

Yehonathan Chaoul Parsy

(source : http://yechpa.wordpress.com/ , site que nous vous recommandons fortement)


« וַאֲנִי בְּבֹאִי מִפַּדָּן, מֵתָה עָלַי רָחֵל בְּאֶרֶץ כְּנַעַן בַּדֶּרֶךְ, בְּעוֹד כִּבְרַת-אֶרֶץ, לָבֹא אֶפְרָתָה; וָאֶקְבְּרֶהָ שָּׁם בְּדֶרֶךְ אֶפְרָת, הִוא בֵּית לָחֶם »

Il est possible de voir une allusion dans ce passouk à ce que le Arizal a expliqué (Pri ‘Ets ‘Haim – Sha’ar Tikoun ‘Hatsot – Perek Aleph) : que la Malchout Shamaym qui est Ra’hel Iménou descend toutes les nuits dans la Bériah et crie et se plaint d’être séparée de son aimé, et c’est une grande souffrance pour elle de descendre là-bas et pour cela a été instauré le Tikoun ‘Hatsot, car il est du devoir de tout homme craignant Hashem de se lever à ‘hatsot et de participer à la souffrance de la Shéchinah, et grâce à ça il méritera de voir sa consolation comme il est écrit :  « שִׂישׂוּ אִתָּהּ מָשׂוֹשׂ, כָּל-הַמִּתְאַבְּלִים עָלֶיה » .

Voici que ce qui descend au début de la nuit jusqu’à ‘hatsot, est la nékouda essentielle par laquelle elle a été créée au moment de sa création, comme on le sait, et c’est son Kéter. Tandis que le reste de ses 9 séfirot, se rajoutent à Léah jusqu’à ‘amoud hasha’har. Car là, Léah monte à sa place, et les 9 séfirot qui s’étaient ajoutées à elle de Ra’hel descendent dans By’a tandis que la nékouda essentielle, elle, monte dans l’Atsilout. Les 9 autres séfirot monteront grâce à la téfila, de monde en monde jusqu’au monde de l’Atsilout, et alors se joindront à la nékouda essentielle.

Voici que ce qui a causé à la nékouda essentielle de descendre dans la Bériah, c’est parce qu’au début de la nuit, après la téfila d’arvit, s’enlèvent les mo’hin de Abba Véima de Z’a, et à ‘hatsot a lieu l’union de Ya’akov et Léah. C’est pour cela que Ra’hel descend dans la Bériah. Et la descente de Ra’hel dans la Bériah lui est considéré comme une mort effective*, comme on trouve au sujet de la Shévirat Hakélim, car la descente des 7 inférieures est appelée par la Torah une mort effective* dans la Parasha « Vééléh Hamélachim ». [* le terme de « mort » est relatif, comme il est expliqué dans Otsrot ‘Haim – Sha’ar Hanékoudim, il désigne une descente de niveau et surtout pas ‘has véshalom, une réelle mort, cependant c’est le terme utilisé dans la Torah à la fin de Vayishla’h]

Voici que le nom de Erets Kéna’an duquel on appelle Erets Israel, est pour la raison que tant que les klipot s’attachent à la Shéchinah et qu’elle descend jusqu’à eux, elle est appelée Erets Kéna’an. Car la Shéchinah est appelée Erets, car elle est la « terre de vie » [voir le Sha’arey Orah – Sha’ar Alef, qui explique que c’est dû au fait qu’elle puise le shéfa’ de Z’a qui est Ets Ha’haim], et nous avons déjà écrit plusieurs fois que le mot ארץ quand il est malé: אל’ף ר’ש צד’י ses lettres de fin de mot sont de la Guématria de « השכינה », tandis que le mot « כנען » quand il est malé: כ’ף נו’ן עי’ן נו’ן ses sofé tévot sont de la guématria de « הקליפה ». Pour sous-entendre que la klipah est encore enchainée et connectée à la Shéchinah, c’est pour cela que Erets est appelée Kéna’an, c’est-à-dire Erets qui est la Shéchinah et encore connectée à Kéna’an qui est la klipah. Et c’est la même allusion qui est faire dans le passouk « וַיַּעֲבֹר אַבְרָם, בָּאָרֶץ, עַד מְקוֹם שְׁכֶם, עַד אֵלוֹן מוֹרֶה; וְהַכְּנַעֲנִי, אָז בָּאָרֶץ ». « Et le Kéna’ani était alors dans Erets… » pour dire que la klipah était encore attachée à la Shéchinah et pour cela elle n’était pas encore purifiée.

Et c’est ça l’allusion profonde du passouk:

  • וַאֲנִי בְּבֹאִי מִפַּדָּן:
    • c’est Hakadosh Barouch Hou, qui est Z’a, qui parle, car tout « Ya’akov » ou « Israel » mentionnés dans la Torah sont une allusion à Z’a,
    • Et le mot פַּדָּן avec le kollel est de la guématria de ע’ב ס’ג, ע’ב étant Abba et ס’ג étant Ima,
    • Z »a dit donc: וַאֲנִי בְּבֹאִי מִפַּדָּן: c’est-à-dire, la nuit quand les mo’hin de Abba Véima se retirent de moi,
    • וַאֲנִי בְּבֹאִי avec le kollel est de la guématria de בלילה, pour dire que c’est de la nuit, là où se retirent les mo’hin de Z’a, qu’Il parle,
    • C’est-à-dire, quand je suis venu de vidé de Padan, qui sont les mo’hin de Abba Véima qui se sont retirés de moi, ça a entrainé:
  • מֵתָה עָלַי רָחֵל בְּאֶרֶץ כְּנַעַן בַּדֶּרֶךְ:
    • Que Ra’hel est morte en chemin, c’est-à-dire qu’elle est descendue dans la Bériah et que c’est pour elle « une mort »,
    • Le mot « הבריאה » avec le kollel est de la guématria du mot « דרך »,
    • Et la raison pour laquelle il l’a appelée Erets Kéna’an, c’est comme on a dit, que tant que la Shéchinah est attachée aux klipot, elle est appelée Erets Kéna’an, et ne sera purifiée que quand s’accomplira בלע המות לנצח,
  • בְּעוֹד כִּבְרַת-אֶרֶץ:
    • Maintenant il précise ce qui descend d’elle à ‘hatsot dans la Bériah, c’et la nékouda essentielle, son Kéter. כברת ארץ doit se lire כתר בארץ, c’est-à-dire que la Shéchinah quand se retirent d’elles les 9 séfirot, elle garde toujours le Kéter qui est la nékouda par laquelle elle a été créée. עוד pour dire qu’il ne la quitte jamais, et c’est lui qui descend dans Bériah à ‘hatsot.
  • לָבֹא אֶפְרָתָה:
    • Pour dire que de l’Atsilout, lieu de la création de la Shéchinah, elle tire ce Kéter. Car באפרתה est de la guématria de עולם האצלות et אפרתה est de celle de ע’ב ס’ג מ’ה ב’ן קס’א קמ’ג קנ’א qui sont de l’Atsilout comme on le sait (Ets ‘Haim – Sha’ar Droushei Aby’a – Pérek Alef),
  • וָאֶקְבְּרֶהָ שָּׁם בְּדֶרֶךְ אֶפְרָת:
    • nous avons déjà dit que dérech c’est la Bériah et Efrat l’Atsilout,
    • Je l’enterrai là: c’est pour nous ôter de l’esprit l’idée que de passer de l’Atsilout à la Bériah n’est pas si grave. Car même si la Bériah s’inclue en l’Atsilout chaque jour et qu’elle est limitrophe d’elle, on voit la différence dans le nom Havaya et dans les noms ע’ב ס’ג, dans le premier l’Atsilout est le Youd, la ‘Hochmah comme dans les deuxièmes ou l’Atsilout est ע’ב, aussi la ‘Hochmah. Et l’essentiel de la vie vient de la ‘Hochmah, comme le disent les psoukim (Kohélet, 7:12) הַחָכְמָה תְּחַיֶּה בְעָלֶיהָ et (Yov, 4:21) יָמוּתוּ, וְלֹא בְחָכְמָה. La ‘Hochmah est aussi parallèle à la ‘Hayah dans les niveaux de la Néshama.
  • הִוא בֵּית לָחֶם:
    • Et même si l’Atsilout, tout comme la Bériah, possède les 4 lettres Havaya et les 4 noms עסמ’ב en particulier. Comme c’est l’Atsilout qui est représentée par le Youd et ע’ב au niveau général, il ne reste qu’à la Bériah les 3 Havayot restantes de ס’ג מ’ה ב’ן, qui ont en valeur pashout de 3 x 26 = 78 guématria לחם, et c’est ça בֵּית לָחֶם

Il se trouve donc, que l’essentiel de la vie est absente de la Bériah, et c’est pour ça que la descente de Ra’hel, la Shéchinah, dans la Bériah est appelée « une mort ». Et l’intention de Ya’akov Avinou qui dit ce passouk au nom d’Hakadosh Barouch Hou, est de réveiller les cœurs des Béné Israel, de leur faire savoir la souffrance de la Shéchinah et d’Hakadosh Barouch Hou chaque nuit, et qu’ils se lèvent chaque nuit pour s’y associer.